
La restructuration
Le groupe français dirigé par le PDG Jean Laurent Bonnafé a annoncé de nouveaux plans d’économies de 600 millions d’euros en 2026 et travaille à une profonde réorganisation de ses activités commerciales et de détail en France. Les résultats du quatrième trimestre ont été meilleurs que prévu et le groupe financier a donc relevé certains de ses objectifs à moyen terme.
Bénéfices supérieurs aux attentes
Le bénéfice net a atteint 2,97 milliards d’euros, alors que les analystes tablaient sur 2,86 milliards. Les revenus ont dépassé les attentes, tandis que les provisions pour créances ont été inférieures, mais les coûts ont dépassé les prévisions. La banque a revu à la hausse son objectif de rentabilité pour 2028, fixant le ratio coûts/revenus à moins de 56 %, et a annoncé un nouveau plan de réduction des coûts de 600 millions d’euros en 2026.
« Sur la base des résultats de 2025 et d’un contexte structurellement favorable en matière de taux d’intérêt, nous confirmons les objectifs pour 2026 et relevons ceux pour 2028 », a déclaré M. Bonnafé.
Le ratio CET1, l’un des principaux indicateurs de solidité financière, s’établissait à 12,6 % à la fin décembre 2025.
C’est la deuxième fois en quelques mois que M. Bonnafé, à la tête de BNP Paribas depuis plus de 14 ans, fixe des objectifs plus élevés. Une mesure similaire avait été annoncée en novembre dans le but de regagner la confiance des investisseurs après un jugement qui avait fait craindre des indemnités élevées.
En octobre, un tribunal américain a décidé que BNP Paribas devait indemniser trois anciens citoyens soudanais qui avaient accusé la banque d’avoir contribué à financer la dictature au Soudan, malgré les sanctions américaines. L’établissement a déclaré qu’il ferait appel dans les prochains jours et qu’il était « confiant dans la solidité de ses arguments ».
Les cessions
Bonnafé a également entamé la cession de participations dans certaines activités afin d’optimiser le portefeuille du groupe. En décembre 2025, Bnp Paribas Bank Polska a cédé 6,23 % du capital, permettant à la société d’atteindre les 25 % de flottant exigés par le régulateur. Toujours fin 2025, le groupe a annoncé avoir entamé des discussions exclusives avec le groupe Holmarcom, partenaire et actionnaire de la BMCI (Banque Marocaine pour le Commerce et l’Industrie) depuis 30 ans, en vue d’une éventuelle cession de 67 %.
Entre-temps, le titre BNP Paribas a regagné du terrain et affiche une hausse de plus de 10 % depuis le début de l’année, atteignant récemment de nouveaux sommets historiques, après avoir sous-performé le secteur bancaire européen.
L’intégration avec Axa Investment Managers
BNP Paribas travaille, comme on l’a vu, à la réorganisation de ses activités commerciales et de détail en France. Selon la banque, cette intervention, associée à l’amélioration du crédit à la consommation, devrait aligner la rentabilité de ces divisions sur celle du reste du groupe. Bloomberg a indiqué en janvier que l’établissement envisageait de supprimer 1 200 emplois dans la division de gestion d’actifs dans le cadre de l’intégration avec Axa Investment Managers.
En juillet 2025, BNP Paribas Cardif (la filiale d’assurance du groupe) a finalisé l’acquisition d’Axa Investment Managers auprès du géant français de l’assurance Axa pour environ 5,1 milliards d’euros.



