La location meublée a le vent en poupe. En France, près de 2 millions de foyers fiscaux déclarent aujourd’hui des revenus issus d’un bien loué meublé. Studio étudiant, appartement saisonnier ou colocation, tous ont un point commun : une obligation administrative à respecter. Tout bailleur doit déclarer son activité dans les 15 jours suivant le premier loyer, sous peine de sanctions. Voici comment immatriculer son activité, obtenir un numéro SIRET et choisir son régime fiscal, entièrement en ligne.

Qui doit immatriculer son activité de location meublée ?

Toute personne qui loue un logement meublé doit s’immatriculer. La grande majorité des bailleurs relèvent du statut LMNP, pour Loueur Meublé Non Professionnel. Le passage en LMP (Loueur Meublé Professionnel) intervient quand deux conditions sont réunies en même temps : des recettes annuelles supérieures à 23 000 euros et des recettes qui dépassent 50 % des revenus du foyer. En dessous de ses seuils, vous restez en LMNP.

Le statut concerne plusieurs profils. Le propriétaire qui loue à l’année un meublé en longue durée. Celui qui propose un logement en location saisonnière. Ou encore le bailleur qui aménage une colocation meublée. Dans les trois cas, l’immatriculation est la même. Pour comprendre les contours du statut, notre guide sur le statut LMNP détaille les conditions et les avantages.

La démarche d’immatriculation en ligne, étape par étape

Depuis le 1er janvier 2023, tout passe par le guichet unique de l’INPI, qui a remplacé l’ancien Centre de Formalités des Entreprises (CFE). La déclaration s’effectue désormais à 100 % en ligne, sur le site de l’Institut National de la Propriété Industrielle. Première chose à faire : créer un compte, idéalement via FranceConnect+. Avant de commencer, mieux vaut préparer quelques éléments : une pièce d’identité, l’adresse exacte du bien loué, la date de mise en location et le choix du régime fiscal.

La saisie correspond à l’ancien formulaire P0i, réservé au particulier non commerçant. Un guide détaillé pas à pas sur l’Immatriculation lmnp permet de visualiser l’ensemble des champs à renseigner sur le formulaire P0i. La démarche est gratuite et prend une vingtaine de minutes pour un dossier simple.

Une fois le dossier validé, l’INPI transmet automatiquement les informations aux bonnes administrations : l’INSEE pour le numéro, le Service des Impôts des Entreprises pour le volet fiscal. Vous recevez ensuite votre numéro SIRET, généralement sous 8 à 15 jours. C’est ce numéro à 14 chiffres qu’il faudra reporter sur votre déclaration de revenus. Une donnée mal saisie, une adresse erronée ou une date approximative, et le dossier peut être renvoyé pour correction : autant être précis du premier coup.

Quel régime fiscal choisir ?

Deux options s’offrent à vous. Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire automatique, sans aucun justificatif à fournir. Pour les revenus 2025, l’administration fixe le seuil à 77 700 euros avec un abattement de 50 % pour la location meublée classique et à 15 000 euros avec 30 % d’abattement pour un meublé de tourisme non classé.

Ces nouveaux plafonds, issus de la loi de finances 2025, durcissent nettement la fiscalité des locations courte durée non classées. Le régime réel demande une option explicite. En contrepartie d’une comptabilité plus lourde, il autorise la déduction des charges et l’amortissement du bien.

Concrètement, il faut tenir des comptes et produire une déclaration annuelle plus complète. Beaucoup de bailleurs choisissent de se faire accompagner par un expert-comptable, dont les honoraires sont eux-mêmes déductibles au réel.

Les obligations après immatriculation

declarer compte impots

Une fois immatriculé, le bailleur n’en a pas tout à fait fini. Au régime réel, une déclaration de résultat annuelle est attendue, via le formulaire 2031 et ses annexes, en complément de votre déclaration d’impôt sur le revenu. Il faut aussi anticiper la CFE (Cotisation Foncière des Entreprises), due chaque année comme une taxe foncière professionnelle. Dernier réflexe : conserver l’ensemble des justificatifs pendant 6 ans.

Au fond, immatriculer son meublé en 2026 tient en une vingtaine de minutes sur l’INPI. Reste la vraie question : avez-vous choisi le régime fiscal qui colle vraiment à votre situation ?