La restructuration de grande envergure de Volkswagen pourrait ne pas se limiter aux suppressions d’emplois. Après les rumeurs concernant un plan choc prévoyant jusqu’à 100 000 suppressions d’emplois et la fermeture de quatre usines allemandes, le groupe dirigé par Oliver Blume pourrait envisager la cession d’autres actifs stratégiques afin de financer sa transformation industrielle et de soutenir les investissements considérables nécessaires à la transition vers la voiture électrique et les logiciels.

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La première étape a déjà été franchie avec la vente récente de 51 % d’Everllence, la division spécialisée dans les moteurs marins et industriels, au fonds américain Bain Capital. Cette opération a rapporté à Volkswagen 7,4 milliards d’euros et a permis d’atteindre une valorisation totale d’environ 10 milliards, bien supérieure aux prévisions initiales ; il s’agit de l’une des plus importantes transactions industrielles conclues en Allemagne ces dernières années.

La vente d’Everllence pourrait ne pas suffire

Selon le Financial Times, toutefois, le produit de cette cession risque d’être presque entièrement absorbé par les coûts de restructuration. Les analystes estiment en effet que le plan de réduction des effectifs pourrait générer de nouvelles charges exceptionnelles de plusieurs milliards d’euros dès le second semestre, limitant ainsi la possibilité de distribuer des dividendes plus élevés aux actionnaires.

Au cours des quatre dernières années, Volkswagen a vu s’intensifier la pression concurrentielle exercée par les constructeurs chinois, avec Byd en tête, tandis qu’il continue de supporter des investissements de plusieurs milliards dans le développement de plateformes électriques, de batteries et de logiciels. Depuis l’arrivée de Blume à la tête du groupe, en septembre 2022, le titre a perdu près de la moitié de sa valeur en bourse.

Ducati, Lamborghini et Scout parmi les options

C’est précisément pour trouver de nouvelles ressources financières que, selon le quotidien financier britannique, l’hypothèse de nouvelles cessions serait en train de se concrétiser au sein du groupe. Parmi les actifs qui reviennent régulièrement au centre des spéculations figurent les entités italiennes Ducati et Lamborghini, deux des marques les plus rentables de l’univers Volkswagen. Par le passé, le groupe avait déjà envisagé une éventuelle vente de Ducati, tandis que pour Lamborghini, les conseillers auraient relancé l’hypothèse d’une future introduction en bourse distincte.

Seraient également à l’étude d’éventuelles ouvertures du capital de la division batteries PowerCo, de la société dédiée à la conduite autonome Admt et même de la marque américaine Scout, pour laquelle une étude serait en cours sur la possibilité de faire entrer des investisseurs externes.

Les analystes restent toutefois prudents. Si la vente d’actifs hautement rentables pourrait générer des ressources importantes, une cession d’activités encore déficitaires, comme certaines initiatives liées aux batteries, risquerait en revanche d’être beaucoup moins lucrative.

Vers une rupture avec Bosch sur la conduite autonome

Dans le même temps, Volkswagen continue toutefois de revoir ses alliances technologiques. Selon le journal Bild, le groupe serait prêt à mettre fin à son partenariat avec Bosch dans le développement des systèmes d’aide à la conduite et de conduite autonome. Cette collaboration, lancée en 2022 par l’intermédiaire de l’éditeur de logiciels Cariad, aurait nécessité des investissements d’environ 1,5 milliard d’euros sans toutefois atteindre les résultats escomptés. Des évaluations internes auraient mis en évidence un retard technologique par rapport à la concurrence, poussant Volkswagen à rechercher un nouveau partenaire d’ici septembre.

Bosch et Cariad n’ont pas confirmé la fin de l’accord, se contentant d’affirmer que les partenariats sont régulièrement réexaminés afin de vérifier leur cohérence avec les objectifs stratégiques et l’évolution du marché.

Le groupe accélère encore son plan de rationalisation

La sortie éventuelle de l’accord avec Bosch s’inscrit également dans la stratégie plus large par laquelle Volkswagen vise à réduire ses coûts, à simplifier sa structure d’entreprise et à concentrer ses ressources sur les activités jugées les plus compétitives. Ce plan, qui sera soumis au conseil de surveillance dans les prochaines semaines, constituerait l’une des restructurations les plus profondes de l’histoire de l’industrie automobile européenne.

S’il est confirmé, il pourrait redéfinir non seulement l’organisation du groupe allemand, mais aussi le périmètre de ses marques historiques et des activités jugées ne plus être stratégiques.