
Les motifs de l’amende
Selon la Commission, le géant de la tech aurait favorisé ses propres services dans les résultats de recherche, portant ainsi préjudice à ses concurrents. De plus, Google aurait également entravé les développeurs d’applications tierces en les empêchant de rediriger les utilisateurs vers des offres plus avantageuses sur des sites web ou des boutiques d’applications alternatifs.
Ces pratiques ont donné lieu à deux amendes distinctes : 460 millions pour le moteur de recherche et 430 millions pour l’App Store. Soit un total de 890 millions. Les sanctions ont été fixées en vertu du DMA, qui prévoit des pénalités pouvant aller jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires mondial pour les infractions constatées. Dans le cas de Google, le chiffre d’affaires a atteint 402,8 milliards de dollars (+15 %) en 2025 et 229,7 milliards (+23 %) au cours des six premiers mois de 2026.
Si l’on fait le calcul, l’amende maximale que pourrait se voir infliger Alphabet en vertu du règlement européen s’élève à environ 40 milliards.
Les antécédents de Google
« Cette mise en œuvre du DMA continue de nuire aux produits d’usage quotidien. Pour nous conformer, nous sommes contraints de supprimer des fonctionnalités de recherche en temps réel très appréciées des Européens, telles que les prix instantanés et la disponibilité directe des hôtels, des vols et des restaurants, et de démanteler les protections de sécurité actives sur Google Play », réplique Kent Walker, président des Affaires internationales chez Google et Alphabet.
« Ce n’est pas de la concurrence loyale, c’est une dégradation du produit orchestrée par un petit groupe de plaignants ayant des intérêts personnels, au détriment des entreprises et des consommateurs européens. La réglementation devrait améliorer les produits, pas les détériorer. »
L’entreprise a déjà reçu plusieurs amendes de la part de l’Union européenne. En 2017, notamment, Alphabet a été accusée d’avoir favorisé son propre service de comparaison des prix, en pénalisant constamment ses concurrents, ce qui lui a valu une amende de 2,4 milliards. Mais la sanction la plus élevée a été prononcée en 2018, lorsque l’UE a infligé à Google une amende de 4,3 milliards d’euros, ensuite réduite à 4,1 milliards et récemment confirmée par la Cour de justice de l’UE, pour des pratiques anticoncurrentielles mises en œuvre via le système d’exploitation Android.
Les géants de la tech aux prises avec les règles de l’UE
Google n’est pas le seul géant de la tech à se heurter aux règles européennes, et plus particulièrement à la DMA. Le règlement impose des obligations de transparence et d’interopérabilité ad hoc aux plateformes qui, de par leur position sur le marché, occupent une position dominante.
La liste, établie par la Commission européenne, comprend des services d’Alphabet, Meta, Apple, Amazon, Bytedance et Microsoft. L’UE exige de toutes ces entreprises qu’elles respectent les contraintes de la DMA, non sans heurts. Récemment, par exemple, Apple a imputé au règlement même le non-lancement en Europe de la nouvelle version de Siri dotée d’IA.



