La Chine a l’intention de continuer à exporter des terres rares vers l’Europe même si l’accord de trêve commerciale avec les États-Unis ne devait pas être prolongé au-delà de janvier. Tel est le message lancé par Pékin alors que l’avenir de l’accord avec Washington reste incertain et que l’Union européenne s’efforce de sécuriser ses approvisionnements en matières premières essentielles à l’industrie.

He Yadong, porte-parole du ministère chinois du Commerce, a déclaré à CNBC que la Chine était disposée à continuer d’accorder des licences pour l’exportation de terres rares vers les pays européens. Une prise de position qui distingue les relations commerciales avec Bruxelles du bras de fer avec les États-Unis, sur lequel pèse l’expiration de la trêve prévue en janvier.
Le nœud de l’accord avec Washington
La question trouve son origine dans les restrictions introduites par Pékin en octobre 2025, lorsque la Chine a renforcé les contrôles sur les exportations de terres rares, en les étendant également aux produits contenant au moins 0,1 % de matériaux provenant du pays.
Ce resserrement faisait suite à une mesure américaine qui avait étendu les restrictions commerciales aux filiales d’entreprises chinoises déjà inscrites sur la liste noire américaine, avec un impact potentiel sur environ 20 000 entités.
Fin octobre 2025, le président chinois Xi Jinping et le président américain Donald Trump avaient convenu de suspendre leurs mesures respectives pendant un an. Par la suite, le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent avait annoncé une prolongation de deux mois de la trêve, repoussant ainsi son échéance au mois de janvier.
Le dégel entre Bruxelles et Pékin
La semaine dernière, le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefcovic, a rencontré à Pékin le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao. Au cœur des discussions figurait également la possibilité de faciliter les approvisionnements en terres rares grâce à un mécanisme appelé «green channel», un canal préférentiel visant à fluidifier le flux des exportations vers l’Europe.
La bonne volonté chinoise s’accompagne toutefois d’une demande : Pékin attend de l’Union européenne qu’elle soutienne les importations chinoises dans certains secteurs à double usage,civil et militaire.
Bruxelles cherche des garanties sur les approvisionnements
Les dirigeants de la Commission européenne sont attendus à Bruxelles pour examiner l’évolution des négociations avec la Chine et évaluer les détails de l’accord sur les approvisionnements.
Pour l’Europe, les terres rares constituent une ressource stratégique pour de nombreuses filières industrielles, de l’électronique à l’automobile, en passant par les technologies énergétiques et les secteurs de la défense. La dépendance vis-à-vis des approvisionnements chinois rend donc particulièrement importante la continuité des autorisations d’exportation.
La disponibilité annoncée par Pékin constitue un signe d’apaisement, mais n’équivaut pas à une levée généralisée des restrictions. Le système des licences reste en effet un outil permettant aux autorités chinoises de contrôler les flux commerciaux.



