
Banques françaises : des activités diversifiées et solides
La réaction actuelle des marchés, similaire à celle enregistrée lors de la dissolution de l’Assemblée nationale, est probablement temporaire et n’affecte en aucun cas les résultats des banques françaises, dont la rentabilité a continué de s’améliorer au cours des derniers trimestres.
L’augmentation du coût de la dette française par rapport à la dette allemande (77 points de base contre 50 au début de l’année) est une préoccupation à moyen/long terme pour les finances publiques qui, sauf en cas d’insolvabilité de la France, n’ont aucune incidence sur les résultats des banques françaises. En effet, ces variations sont annulées dans la masse des revenus diversifiés des banques françaises.
Les banques françaises sont souvent réduites à leur activité de prêt en France, mais elles disposent d’un portefeuille d’activités beaucoup plus large. Le Crédit Agricole, par exemple, est présent dans le secteur de l’assurance, de la gestion d’actifs via Amundi, de la conservation de titres via Caceis, de la banque d’investissement et possède de nombreux sièges et participations à l’international. Il en va de même pour la BNP ou la SG, même si cette dernière réalise une plus grande partie de ses revenus en France.
France dans l’impasse politique : vers une prolongation du budget 2024 ?
La situation devrait s’éclaircir rapidement, car la France se trouve très probablement dans une impasse politique jusqu’aux prochaines élections présidentielles. En l’absence de majorité, tout nouveau gouvernement aura peu ou pas de marge de manœuvre politique pour faire adopter un nouveau budget. Il est donc très probable que le budget 2024 soit reporté jusqu’aux prochaines élections. C’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle, car cela élimine toute incertitude quant à une paralysie ou une cessation des paiements du pays.
Cette prolongation entraîne également certaines économies, car elle ne permettra pas l’indexation des salaires des fonctionnaires et des retraites.
Banques européennes : valorisations intéressantes et perspectives positives malgré les risques politiques
Certes, le nouveau scénario politique de 2027 pourrait être défavorable au secteur avec la proposition de taxes bancaires, mais après les baisses de ces derniers jours, ces risques sont déjà pris en compte dans les prix. À ces niveaux, un rebond nous semble probable, comme lors de la phase de marché post-dissolution de 2024. Les résultats du deuxième trimestre ont dépassé de 3 % les attentes des analystes et ont conduit à une révision à la hausse de 2 % des estimations pour 2025-2026.
Les principaux facteurs à l’origine de cette révision à la hausse sont liés aux éléments suivants :
- l’évolution de la courbe des taux est actuellement favorable au secteur,
- la stabilité des dépôts et la reprise des volumes de crédit.
Enfin, en complément de ces perspectives, le secteur offre actuellement un rendement (dividendes et rachats d’actions) de 8,5 à 9 % par an avec une décote en termes de multiples de résultat d’environ 35 % par rapport au reste du marché. Les banques européennes restent donc un secteur intéressant pour les trimestres à venir.