Le gouvernement a remis sur la table un barème 2026 de l’impôt sur le revenu avec des seuils rehaussés, après avoir envisagé un gel. Objectif : éviter que des ménages deviennent imposables “mécaniquement” quand leurs revenus suivent simplement l’inflation. Voici les nouvelles tranches proposées, une comparaison avec le barème actuel, et des exemples pour s’y retrouver.

IR2026

Ce qu’il faut retenir

  • Le barème est progressif : chaque tranche de revenu est imposée à son propre taux.
  • Les montants indiqués ci-dessous s’entendent par part fiscale (quotient familial).
  • Le barème 2026 est proposé : il doit encore être intégré au budget et validé.

Le nouveau barème 2026 proposé

Dans la version évoquée, les limites des tranches seraient rehaussées (environ +0,9%), ce qui décale légèrement l’entrée dans l’imposition et les seuils des tranches supérieures. Concrètement, la première tranche à 0% irait désormais jusqu’à 11 600 € par part.

Barème 2026 proposé (revenus 2025) par part fiscale

Tranche de revenu (1 part) Taux
Jusqu’à 11 600 € 0%
De 11 601 € à 29 579 € 11%
De 29 580 € à 84 577 € 30%
De 84 578 € à 181 917 € 41%
Au-delà de 181 917 € 45%

À savoir : “par part” signifie que l’on calcule d’abord un revenu par part, (revenu net imposable ÷ nombre de parts), puis on multiplie l’impôt obtenu par le nombre de parts.

Comparaison avec le barème actuel

Pour mesurer l’écart, voici le barème de référence actuellement en vigueur (souvent appelé “barème 2025“). Il sert de repère, notamment si vous comparez un scénario “gel” versus “revalorisation”.

Barème de référence par part fiscale

Tranche de revenu (1 part) Taux
Jusqu’à 11 497 € 0%
De 11 498 € à 29 315 € 11%
De 29 316 € à 83 823 € 30%
De 83 824 € à 180 294 € 41%
Au-delà de 180 294 € 45%

Dans la version 2026 proposée, l’entrée dans l’imposition (au-delà de 0%) passerait de 11 497 € à 11 600 € par part, et tous les autres seuils seraient décalés dans la même logique.

Quand le barème n’est pas rehaussé, une hausse de revenus “normale” (par exemple liée à l’inflation) peut faire basculer une partie du revenu dans une tranche plus taxée. C’est ce qu’on appelle parfois une hausse d’impôt à paramètres constants. À l’inverse, relever les seuils permet de limiter cet effet et d’éviter que des foyers deviennent imposables alors que leur pouvoir d’achat n’augmente pas réellement.

Exemples de calcul

Les exemples ci-dessous sont volontairement “à la louche” : ils illustrent le barème progressif, mais ne prennent pas en compte la décote, les réductions/crédits d’impôt, ni certaines règles spécifiques. Pour une estimation fine, utilisez un simulateur officiel (voir plus bas).

Exemple 1 : célibataire (1 part), revenu net imposable = 30 000 €

Avec le barème 2026 proposé :

  • 0% jusqu’à 11 600 € → 0 €
  • 11% de 11 600 à 29 579 → (29 579 − 11 600) × 11% ≈ 1 977,69 €
  • 30% au-delà, jusqu’à 30 000 → (30 000 − 29 315) × 30% ≈ 205,50 €

Total (avant correctifs) : environ 2 165,48 € d’impôt sur le revenu.

Écart indicatif : ~61,49 € d’impôt en moins avec le barème 2026 proposé (dans cet exemple simplifié).

Exemple 2 : couple (2 parts), revenu net imposable = 60 000 €

Le principe : on calcule d’abord par part (60 000 ÷ 2 = 30 000),
puis on multiplie l’impôt obtenu par 2. On retombe donc sur l’exemple ci-dessus, doublé.

Attention : votre impôt final peut être inférieur (ou parfois nul) grâce à la décote et aux crédits d’impôt. Ne vous arrêtez pas à ce calcul “barème seul”.

Où en est le texte ?

Le barème 2026 présenté ici reste à ce stade théorique : il doit être intégré au projet de loi de finances et adopté. Dans un contexte de tensions budgétaires, le gouvernement a évoqué le recours au 49.3 sur une partie du texte, ce qui peut accélérer la procédure, mais n’efface pas le débat politique autour des recettes.