
Une politique plus stable
Dans les jours qui ont précédé la réunion du 28 janvier, presque tous les membres du conseil d’administration de la FED étaient favorables à cette approche, motivée, selon Tiffany Wilding, économiste chez Pimco, par la « solide dynamique économique », la « plus grande stabilité du marché du travail » et un « relâchement des pressions inflationnistes ». Les seuls détracteurs de la ligne neutre étaient le gouverneur Christopher Waller, favorable à une baisse d’un quart de point, et son homologue Stephen Miran, considéré par de nombreux experts comme un représentant du président Donald Trump au sein du FOMC.
Mais au final, la FED a maintenu ses taux dans une fourchette comprise entre 3,5 % et 3,75 %, après une baisse de 75 points de base lors des trois réunions précédentes. La raison est simple : il n’y a pas d’urgence, comme l’a laissé entendre le président Jerome Powell dans son discours. Dans cette optique, Pimco s’attend à ce que la Banque « reste en attente jusqu’à la fin de l’année ».
Évolution de l’inflation
Tout d’abord, Pimco prévoit un ralentissement de l’inflation. Parmi les raisons invoquées, citons la mise en œuvre et les investissements dans l’IA et le ralentissement des prix liés aux droits de douane, facteurs liés entre eux par une relation de cause à effet : « les changements dans la politique américaine et les coûts liés aux droits de douane » ont « provoqué une forte augmentation de l’adoption et des investissements dans l’intelligence artificielle, les entreprises ayant défendu agressivement leurs marges ».
L’ajustement causé par les droits de douane a eu plus d’impact sur l’emploi que sur les prix. L’inflation n’a donc pas explosé, car une partie des coûts a été « payée » par les travailleurs (moins d’augmentations salariales, marché du travail plus faible) plutôt que par les consommateurs.
Le rôle du marché immobilier
La désinflation est toujours soutenue par l’évolution du marché immobilier : la diminution du nombre de ménages et l’augmentation du nombre de logements multifamiliaux affaiblissent la demande de loyers et entraînent une augmentation de l’offre de logements. Le loyer des nouveaux contrats de location est tombé en dessous de l’OER (qui estime ce qu’un propriétaire paierait pour louer sa maison), ce qui le met en ligne avec la mesure plus large de l’indicateur.



