Alphabet choisit le yen comme théâtre de sa dernière opération financière : 576,5 milliards de yens (3,6 milliards de dollars) levés dans le cadre de la plus grande émission obligataire jamais réalisée par une société non japonaise. Cette émission dépasse en effet le précédent record établi en 2019 par la société de Warren Buffett, Berkshire Hathaway, qui avait levé 430 milliards de yens.

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Boom des émissions en yens par des émetteurs non japonais

Dernier signe d’une transformation profonde : la course aux milliards des géants de la tech pour financer l’expansion de l’intelligence artificielle redessine les flux mondiaux de capitaux. Mais c’est aussi la confirmation que les multinationales étrangères se tournent de plus en plus vers le marché obligataire japonais pour diversifier leurs sources de financement.

En effet, les émissions en yens par des émetteurs non japonais ont augmenté de plus de 280 % cette année, atteignant 1 600 milliards de yens, selon les données recueillies par Bloomberg.

Alphabet fait ses débuts au Japon

Plus précisément, la société mère de Google a fait son entrée sur le marché obligataire japonais avec une émission obligataire multi-tranches, à un moment où la demande de rendement des investisseurs japonais répond aux besoins croissants des géants de la tech pour financer des centres de données et des infrastructures d’IA de plus en plus coûteuses.

L’émission inaugurale en yens du géant de l’Internet présente des échéances comprises entre 3 et 40 ans, avec des coupons variant de 1,965 % à 4,599 %. En particulier, la tranche à dix ans offre un coupon de 3,189 %, nettement supérieur au rendement de 2,7 % de l’obligation d’État japonaise de même échéance. Les obligations d’État japonaises connaissent une volatilité sans précédent depuis que la Banque du Japon a abandonné une politique monétaire ultra-accommodante menée depuis des décennies.