
Un coût plancher incompressible avant tout accompagnement
Avant même de parler d’honoraires, certains frais ne se négocient pas. Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités passent par le guichet unique de l’INPI. L’immatriculation d’une société commerciale coûte 33,83 €, à laquelle s’ajoute la déclaration des bénéficiaires effectifs facturée 19,33 €. La publication de l’annonce légale est tarifée par arrêté : 142 € HT pour une SASU, 148 à 173 € pour une SARL, 199 à 233 € pour une SAS classique selon le département.
Comptez environ 250 € de frais légaux avant tout accompagnement, et 280 à 320 € pour une activité artisanale. Le reste, c’est-à-dire les statuts et les conseils, dépend du chemin choisi.
La plateforme en ligne, le choix le plus économique
C’est devenu le réflexe d’une grande partie des 758 600 micro-entrepreneurs et créateurs de sociétés immatriculés en 2025. Ces plateformes proposent un pack complet allant de 130 € à 350 € en moynne, frais administratifs en sus. Délai annoncé : 7 à 15 jours pour recevoir son Kbis. Un formulaire en ligne, des statuts générés à partir des réponses, un dossier transmis au guichet unique. Pour une EURL, une SASU ou une SARL à deux associés sans complexité, la formule fait gagner du temps sans sacrifier la conformité.
Variante intéressante : certaines banques ont intégré directement le parcours de création à leur offre pro. Hello bank! Pro s’appuie ainsi sur LegalPlace pour gérer les formalités de la rédaction des statutsjusqu’au Kbis, puis enchaîne avec l’ouverture du compte professionnel. L’offre couvre les principaux statuts. L’intérêt principal : ne pas multiplier les interlocuteurs pour lancer son activité professionnelle entre la création juridique et la banque, ce qui peut faire gagner deux à trois semaines sur le lancement.
L’expert-comptable, pour le suivi long terme
Confier la création à son expert-comptable a une logique : il sera de toute façon celui qui gérera la comptabilité ensuite. La facture pour la seule constitution oscille entre 1 000 € et 2 000 € selon la complexité du dossier. Certains cabinets proposent même la création gratuitement, à condition de signer une lettre de mission annuelle de tenue comptable, entre 1 000 € et 3 000 € HT par an pour une petite SAS.
Le vrai apport ? La construction du business plan, le choix entre IS et IR, la simulation rémunération-dividendes. Un gérant majoritaire de SARL a tout intérêt à passer par un professionnel : au-delà de 10 % du capital social, ses dividendes basculent dans les cotisations TNS, ce qui peut coûter plusieurs milliers d’euros par an. Un arbitrage qu’un modèle de statuts gratuit ne soulève jamais.
L’avocat en droit des affaires, pour les projets à enjeux
L’avocat coûte cher, et il le revendique. Comptez 800 à 1 500 € HT pour la seule rédaction des statuts, davantage avec un pacte d’actionnaires sur-mesure. Avec accompagnement comptable associé, on grimpe à 2 500 € voire au-delà. Le tarif s’explique par la dimension juridique pure : clauses d’agrément, droits préférentiels de souscription, mécanismes de sortie, anticipation d’une levée de fonds.
Inutile pour une SASU de freelance. Indispensable, en revanche, dès qu’il y a plusieurs associés non alignés, un capital supérieur à 50 000 €, ou un projet de financement extérieur dans les 18 mois. Les défaillances frappent à 92 % des micro-entreprises selon la Banque de France, mais les contentieux entre associés concernent surtout les sociétés mal structurées dès le départ.
Quel choix pour quel profil ?
La règle tient en trois lignes. Projet simple, associé unique, budget serré : plateforme en ligne entre 250 et 500 €. Projet en croissance, besoin de conseil fiscal et social récurrent : expert-comptable entre 1 000 et 2 000 €. Projet à plusieurs associés, levée de fonds envisagée, secteur réglementé : avocat entre 1 500 et 3 000 €, voire plus.
Un point souvent oublié : l’ACRE, qui exonère partiellement les cotisations sociales la première année, voit son taux passer de 50 % à 25 % à compter du 1er juillet 2026. Lancer son projet au premier semestre permet d’en capter la version pleine. Et une fois la société immatriculée, l’étape suivante reste l’ouverture du compte bancaire dédié, sujet déjà traité dans notre guide sur l’obligation d’ouvrir un compte pro.
Au final, à quoi bon payer 2 000 € de conseil si votre projet rentre dans 200 € de formulaire en ligne ? Et inversement, à quoi bon économiser 1 500 € à la création si un litige entre associés vous coûte dix fois plus deux ans plus tard ? Le vrai calcul, c’est celui-là.



