
Un annuaire de 26 000 acteurs, actualisé tous les jours
Regafi, c’est le registre des agents financiers tenu par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, le superviseur adossé à la Banque de France. Jusqu’à cet été, il fallait jongler entre deux sites : regafi.fr pour le bancaire, refassu.fr pour l’assurance. La fusion met fin à cette gymnastique.
Le registre recense désormais plus de 26 000 entités : plus de 25 000 dans la sphère bancaire et financière, plus de 1 500 du côté assurance. On y trouve les banques, les établissements de paiement, les émetteurs de monnaie électronique, les entreprises d’investissement, les compagnies d’assurance et les mutuelles. La consultation est gratuite et la base est mise à jour quotidiennement.
L’ACPR promet une information « plus complète, plus lisible et plus accessible » pour le grand public. Le site propose aussi des API pour les professionnels qui veulent brancher ces données sur leurs propres outils.
Trois minutes chrono : la recherche pas à pas
Commencez par choisir votre univers : banque ou assurance. Tapez ensuite le nom de l’établissement dans le champ de recherche. Celui-ci accepte aussi bien la dénomination sociale que le nom commercial ou la marque. Vous pouvez affiner avec le pays du siège social ou le type d’acteur.
Un conseil qui change tout : saisissez le nom exact figurant sur le contrat ou sur le mail reçu, pas celui affiché en gros sur la page d’accueil du site. Les escrocs reprennent régulièrement le nom d’un établissement bien réel pour habiller un site sosie. Si la fiche Regafi affiche un siège à Paris alors que votre interlocuteur vous envoie un RIB letton, vous tenez votre réponse. Cette technique de clonage est cousine de l’arnaque au faux conseiller bancaire, qui fonctionne sur le même ressort : emprunter une identité crédible.
Trouver le nom dans le registre ne suffit pas. Chaque fiche précise le périmètre d’agrément, autrement dit ce que l’établissement a le droit de faire. Un prestataire agréé pour gérer des services de paiement n’a aucune autorisation pour vous vendre un livret rémunéré à 9 %. Le nom apparaît bien dans Regafi, l’opération est pourtant illégale.
Vérifiez aussi le statut : agrément français, succursale, ou libre prestation de services depuis un autre pays européen. Ce dernier cas n’a rien d’anormal, mais il modifie les recours en cas de litige. Trois minutes de lecture attentive et un virement de 15 000 € vers un faux compte à terme reste sur votre compte courant.
Ce que Regafi ne vous dira pas
Le registre couvre les établissements, pas les intermédiaires. Pour un courtier en assurance ou en crédit, c’est l’Orias qu’il faut interroger, avec son numéro d’immatriculation à huit chiffres. Pour un conseiller en investissements financiers ou une plateforme de cryptoactifs, direction l’AMF. Et si le nom n’apparaît nulle part, un dernier réflexe s’impose : les listes noires publiées sur ABE Infoservice.
Ces listes donnent la mesure du phénomène. En 2025, les régulateurs y ont ajouté plus de 1 300 sites ou acteurs non autorisés, selon le rapport annuel du pôle commun ACPR-AMF. Le baromètre de l’épargne de l’AMF, lui, indique que 16 % des Français déclarent avoir déjà été victimes d’une escroquerie financière. Un placement bien rémunéré mérite toujours une vérification ; un placement trop bien rémunéré en exige deux, qu’il s’agisse d’un contrat d’assurance vie ou d’une offre d’ouverture de compte dans une banque en ligne.



