
Un sauvetage arraché avant l’échéance de septembre
Le groupe a publié une perte nette de 406 millions d’euros au titre de 2025, dont environ 350 millions de dépréciations d’actifs, sans sortie de trésorerie. Son chiffre d’affaires est retombé à 947 millions d’euros, en repli de 5 %. Sans refinancement signé avant le 15 septembre 2026, l’ouverture d’un redressement judiciaire devenait inévitable.
Deux fonds britanniques, Alteri Investors et Eicos Investment Group, ont apporté 33 millions d’euros d’argent frais. La dette bancaire du groupe tombe ainsi de 250 à 41 millions d’euros. Pour un actionnaire tenté par le rebond, le calcul mérite un détour par les règles qui encadrent l’achat et la vente d’actions en Bourse.
Ce qu’il reste de 1 000 euros investis
L’opération est passée par une augmentation de capital réservée au consortium : 780 176 862 actions nouvelles émises, soit une dilution de 95,2 % pour les actionnaires déjà présents. Ces derniers conservent au mieux 4,78 % du capital. Traduit en euros, une ligne qui valait 1 000 euros avant l’opération ne représente plus qu’environ 48 euros de participation au capital. Les deux fonds, eux, détiennent 95,3 % des droits de vote.
La mécanique que beaucoup découvrent trop tard
Dans une augmentation de capital réservée, le droit préférentiel de souscription est écarté. Or c’est précisément ce mécanisme qui permet d’habitude à un porteur d’actions ordinaires de remettre au pot pour conserver son poids. Ici, l’actionnaire subit. Le titre a d’ailleurs décroché le jour de l’annonce du refinancement, à rebours de l’intuition. Le schéma n’a rien d’inédit : le sauvetage de Credit Suisse par UBS avait déjà laissé des porteurs sur le carreau.
Environ 330 magasins et 7 000 salariés gardent leur activité, ce qui n’est pas rien. Reste la question à se poser avant de miser sur une société en difficulté : quand le sauvetage arrivera, qui sera renfloué en premier, l’entreprise ou vous ?



