Le catalogue des ETF disponibles pour les investisseurs européens est plus vaste que jamais. Et cela, tout comme pour les places boursières, pose un problème de taille : de très nombreux produits dont les actifs sous gestion sont dérisoires, et dont la survie est sérieusement menacée.

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Selon nos calculs, sur les 4 324 ETF UCITS (c’est-à-dire dotés d’un passeport européen, qui respecte le cadre réglementaire de l’UE) actifs aujourd’hui, plus de 51 % gèrent moins de 100 millions d’actifs chacun. Ensemble, tous ces compartiments représentent 2,1 % du patrimoine total. À l’extrême opposé, 592 ETF dépassant le milliard rassemblent 79,6 % de l’ensemble des capitaux.

L’impact de l’ancienneté du fonds sur les actifs sous gestion

Le patrimoine total, cependant, doit être considéré en fonction de l’âge : de nombreux petits fonds sont simplement des produits récents. Mais l’inverse est également vrai. 16,1 % des ETF ayant plus de dix ans d’existence affichent encore des actifs inférieurs à 50 millions d’euros. Après dix ans sur le marché, l’absence de collecte n’est plus un problème de rodage.

Pour l’investisseur, il est donc important de recouper les chiffres des actifs sous gestion d’un produit donné avec sa date de lancement. Si un ETF ne parvient pas à générer une collecte suffisante, il est possible qu’il soit liquidé.

Liquidations et fusions : qu’advient-il des fonds ?

Les liquidations surviennent rapidement. La moitié dans les cinq ans, un quart dans les trois. C’est la trajectoire typique d’un produit qui n’a pas attiré de capitaux : quelques années de patience de la part de l’émetteur, puis la fermeture. Les actifs sont restitués aux investisseurs à leur valeur de marché.

Parallèlement, d’autres ETF peuvent être concernés par des opérations de fusion. Les fusions interviennent en moyenne deux ans plus tard et obéissent à une autre logique : le fonds est absorbé par un autre ETF, souvent à la suite d’un changement de domicile ou d’une réorganisation de la gamme. Ceux qui détenaient des parts d’un ETF fusionné, ont reçu des parts du fonds absorbant, et non pas un rachat forcé.

Les investisseurs peuvent donc être relativement rassurés : leur patrimoine ne sera en aucun cas perdu. Mais il y a des effets secondaires. En cas de liquidation, le patrimoine est restitué à la valeur de marché du jour ; en cas de fusion, les parts sont converties en parts du fonds absorbant. Le préjudice est de nature fiscale et organisationnelle, et consiste en la réalisation de plus-values à un moment imposé par le calendrier du fonds, dans un plan d’accumulation interrompu tant au niveau des coûts que du délai nécessaire au réinvestissement.

Il convient également de rappeler, d’autre part, que 45 % des fermetures sont des fusions, donc des réorganisations du secteur : il s’agit d’une consolidation, pas d’une faillite.

C’est précisément pour éviter ces risques que l’épargnant doit prêter attention à certaines caractéristiques du produit dans lequel il décide d’investir dans des ETF.

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Comment évaluer les risques avant d’investir dans un ETF ?

Face à un ETF de 20 millions d’euros, il convient de se demander depuis combien de temps il se situe à ce niveau.

Un fonds qui vient d’être lancé doit encore lever des capitaux, et les trois quarts des produits de moins d’un an d’existence se situent en dessous de 50 millions, ce qui est tout à fait normal. Un fonds qui, après huit ou dix ans, se trouve toujours à ce niveau raconte une autre histoire, et en Europe, 487 ETF se trouvent dans cette situation. Un produit qui reste dans cette fourchette après trois ou quatre ans en sortira difficilement.

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