Le gouvernement a démenti la plupart des pistes d’économies qui circulaient. Une seule a échappé au démenti : celle qui vise les pensions les plus élevées. À six semaines du dépôt du budget 2027, voilà ce qui reste sur la table.

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Le 20 août, l’Inspection générale des finances a remis un rapport commandé au printemps par Matignon. Sa question : que se passe-t-il si le Parlement n’adopte aucun budget avant le 31 décembre ?

Ne rien voter coûterait 15 milliards

La réponse tient en un chiffre. Le recours prolongé à une loi spéciale, ce texte de secours qui reconduit les recettes de l’année précédente, creuserait le déficit d’au moins 0,5 point de PIB, soit environ 15 milliards d’euros. En 2025 comme en 2026, cet outil n’avait servi que six semaines. Avec la présidentielle du printemps et des législatives probables en juin, il tiendrait cette fois presque toute l’année.

L’IGF prévient : le pays serait exposé à « des difficultés certaines et, à certains égards, à des risques majeurs ». Chantiers du BTP, programmes d’armement, aides à la rénovation énergétique seraient touchés en premier. Le tout sur une dette de 3 482 milliards d’euros fin 2025, soit 118 % du PIB.

Les retraites au-dessus de 2 000 euros, seule piste non démentie

Le ministre des Finances Roland Lescure a évoqué une revalorisation « plus modérée » pour les pensions les plus confortables. Sébastien Lecornu n’a pas contredit cette hypothèse, contrairement à toutes les autres. Selon Le Parisien, le seuil étudié se situe autour de 2 000 euros mensuels, avec un système à trois étages : gel complet en haut, revalorisation partielle au milieu, indexation normale pour les petites pensions.

Une désindexation totale rapporterait environ 6 milliards d’euros, selon le rapporteur général du budget Philippe Juvin. Argument avancé à Bercy : les pensions ont progressé de près de 15 % entre janvier 2022 et janvier 2026.

Concrètement, pour un retraité qui touche 2 200 euros par mois, une revalorisation de 2 % vaut 44 euros mensuels, soit 528 euros sur l’année. C’est cette somme qui disparaîtrait en cas de gel. Après la suspension de la réforme des retraites, le sujet promet des débats tendus.

Ce que le gouvernement a retiré de la table

Sébastien Lecornu a balayé sur X plusieurs mesures prêtées à ses services : suppression des APL pour les étudiants, gel du RSA et du minimum vieillesse, fin du crédit d’impôt pour les services à la personne, hausse de l’impôt sur le revenu.

Le doublement des franchises médicales a lui aussi été abandonné : le reste à charge annuel serait passé de 100 à 200 euros par personne. Ces franchises valent aujourd’hui 1 euro par boîte de médicament, 2 euros par consultation et 4 euros par transport sanitaire, des montants déjà doublés en mars 2024. La ministre de la Santé Stéphanie Rist n’écarte pas une hausse plus mesurée.

Reste un rapport qui chiffre à 4,2 milliards d’euros les économies possibles sur les politiques familiales, dont 2,5 milliards à court terme. De quoi peser sur le budget des étudiants. Côté recettes, Bercy étudie la reconduction de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises.

Un automne sous contrainte

Sans majorité à l’Assemblée, l’exécutif devra négocier avec les socialistes avant d’employer l’article 49.3. Le Rassemblement national a déjà fermé la porte. Le texte doit être présenté avant le premier mardi d’octobre.

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