
Avec l’apprentissage, la facture de scolarité passe à zéro euro
Dans une école privée hors contrat, un BTS coûte plusieurs milliers d’euros par an, avec des tarifs relevés jusqu’à 6 800 € l’année sur certaines spécialités. En apprentissage, la facture est réglée par l’opérateur de compétences de la branche, pas par la famille. L’ESG Finance le formule sans détour sur sa page de présentation : « Aucun frais de scolarité n’est à la charge de l’alternant ». Sur deux ans, l’écart avec un cursus payant peut donc dépasser 10 000 €, avant même de parler de rémunération.
S’ajoute un effet moins visible. L’alternant est salarié, donc il quitte le statut d’étudiant boursier ou dépendant. Ses revenus entrent dans le calcul des aides au logement, et son budget étudiant change de nature : il ne s’agit plus de tenir avec une enveloppe familiale, mais de gérer un salaire.
Quel salaire en apprentissage ?
La rémunération d’un apprenti est un pourcentage du SMIC, fixé par le Code du travail selon l’âge et l’année de contrat. Depuis la revalorisation du 1er juin 2026, le SMIC mensuel brut s’établit à 1 867,02 € pour 35 heures. Voici ce que cela donne pour les deux années d’un BTS banque commencé juste après le bac.
| Âge de l’alternant | 1re année (% du SMIC) | Montant brut mensuel | 2e année (% du SMIC) | Montant brut mensuel |
|---|---|---|---|---|
| Moins de 18 ans | 27 % | 504 € | 39 % | 728 € |
| 18 à 20 ans | 43 % | 803 € | 51 % | 952 € |
| 21 à 25 ans | 53 % | 990 € | 61 % | 1 139 € |
| 26 ans et plus | 100 % | 1 867 € | 100 % | 1 867 € |
Deux précisions comptent. Le salaire d’apprenti reste exonéré d’impôt sur le revenu dans la limite du SMIC annuel, soit environ 22 400 €. En revanche, la règle des cotisations a changé : pour les contrats signés depuis mars 2025, la part de rémunération qui dépasse 50 % du SMIC supporte des cotisations salariales. Un apprenti de 21 ans payé 990 € brut ne touche donc plus l’intégralité en net. Pour un ordre de grandeur fiable, un simulateur de conversion du brut en net reste plus parlant qu’une règle de trois.
Le rythme, lui, conditionne la faisabilité du contrat. En BTS banque, la première année se déroule souvent sur deux jours d’école et trois jours en entreprise, la seconde sur une alternance semaine par semaine. Une agence ouverte le samedi peut demander une présence du mardi au samedi : c’est à intégrer avant de signer.
Pourquoi un bac+2 coûte moins cher à recruter qu’un bac+3
Le point est rarement expliqué aux candidats, et il joue pourtant en leur faveur. Depuis juillet 2025, l’employeur qui recrute un apprenti verse une participation forfaitaire de 750 € au financement de la formation. Cette contribution ne concerne que les diplômes de niveau bac+3 et au-delà. Un BTS, classé bac+2, y échappe entièrement.
À l’inverse, l’aide à l’embauche joue à plein sur la première année de contrat. En 2026, une entreprise de moins de 250 salariés peut percevoir jusqu’à 4 500 € pour un apprenti préparant un bac+2, contre 2 000 € pour un bac+3 ou un master. Les grands réseaux bancaires, eux, sont passés d’une aide de 6 000 € à des montants compris entre 750 et 2 000 € selon le niveau.
Traduction concrète : à profil équivalent, un alternant en BTS reste le contrat le moins onéreux du marché pour une agence. C’est un argument à connaître au moment de démarcher, et une raison de plus de se renseigner sur le bts banque avant la campagne de recrutement du printemps.
Le marché s’est resserré, mieux vaut le savoir
La banque reste un gros employeur : 368 800 salariés, soit 1,8 % de l’emploi privé en France. Mais le rythme des embauches a nettement ralenti. Le secteur a recruté 34 400 personnes en 2025, en baisse de 10,2 % sur un an et de près de 30 % par rapport à 2022. C’est le niveau le plus bas depuis 2013. L’alternance suit la même pente, avec 18 100 alternants fin 2025, en recul de 8,6 %.
Ces chiffres ne disqualifient pas la filière, ils changent la façon de l’aborder. Trois données jouent dans l’autre sens : 75 % des recrutements se font en CDI, près d’une embauche sur deux concerne un moins de 30 ans, et les fonctions commerciales en agence, précisément celles que vise le BTS, représentent plus de la moitié des CDI signés.
A savoir : le turnover du secteur tourne autour de 7,7 %, contre environ 20 % en moyenne nationale. Autrement dit : entrer est plus difficile qu’il y a quatre ans, rester est plus facile qu’ailleurs. Ceux qui explorent les métiers qui recrutent retrouveront la même logique : la sélection s’est déplacée vers l’entrée.



