Le méga-accord sur PayPal tombe à l’eau. Le consortium formé par la société de capital-investissement Advent International et le géant des paiements Stripe a renoncé à la course à l’acquisition de la fintech américaine, mettant fin, du moins pour l’instant, à une opération qui, avec une valorisation de plus de 53 milliards de dollars, aurait été l’une des plus grandes acquisitions par endettement (leveraged buyout) de tous les temps. Un pas en arrière qui ramène l’attention sur les perspectives de PayPal et, plus généralement, sur l’impact possible sur le secteur des paiements numériques.

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L’acquisition de PayPal pour 53 milliards de dollars tombe à l’eau

« Le consortium ne poursuit plus l’acquisition de PayPal », ont déclaré certaines sources à Bloomberg. Auparavant, le groupe avait présenté une offre de 60,50 dollars par action, valorisant PayPal à plus de 53 milliards de dollars, bien que la fintech visait une valorisation plus élevée : 70 dollars par action. Sur la base de cette valorisation, l’offre impliquait un multiple d’environ 8 fois l’EV/EBITDA 2026.

Les deux prétendants pourraient toujours décider de revenir dans la course ultérieurement, si la situation venait à évoluer. Pour l’instant, leur retrait a fait chuter le titre PayPal à Wall Street de 11,5 % le 28 août, à 54,36 dollars, soit la plus forte baisse depuis le mois de février, attribuant à la société une capitalisation boursière d’un peu plus de 46 milliards de dollars.

Bloomberg avait révélé pour la première fois en février que Stripe envisageait d’acquérir une partie ou la totalité de PayPal, après que l’effondrement du cours de l’action eut érodé une part significative de la valeur de la société. Cet intérêt pour une acquisition, associé à des résultats du deuxième trimestre supérieurs aux estimations des analystes, a contribué à la reprise ultérieure du titre : +40 % au cours du trimestre actuel, portant la capitalisation boursière à 52,6 milliards.

Fondée à la fin des années 90, PayPal a été l’une des premières entreprises à se lancer dans le secteur des paiements numériques. Depuis lors, elle a toutefois rencontré des difficultés à moderniser sa technologie de paiement, tandis que des concurrents comme Apple et Alphabet ont conquis des parts de marché.

La fintech californienne (dont le siège est à San José) a démis de ses fonctions l’ancien PDG, Alex Chriss, au début de cette année, pour le remplacer par Enrique Lores, qui a pris ses fonctions en mars. Ce dernier a défini des objectifs financiers précis pour PayPal en attribuant à chaque secteur d’activité un objectif spécifique en termes de chiffre d’affaires, afin d’offrir aux investisseurs une meilleure visibilité sur le potentiel de chaque activité.

« Une acquisition réussie de PayPal aurait pu constituer un signal positif pour l’ensemble du secteur de la fintech, dans un contexte de dynamisme accru en matière de fusions-acquisitions, avec un bénéfice potentiel également pour le multiple moyen du secteur ».

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