On parle depuis des mois, voire des années, d’une possible, voire selon certains, explosion de la bulle de l’IA. Et les signaux d’alerte se multiplient, à tel point que pas moins de 8 signaux d’alerte retentissent à Wall Street, qui est aux prises avec les déclarations faites ces derniers jours par les géants du secteur eux-mêmes, à savoir OpenAI et Anthropic.

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Ce SOS intervient alors que le débat entre les investisseurs est ouvert depuis longtemps déjà : du grand pari à la baisse de Michael Burry contre certaines sociétés liées à l’intelligence artificielle aux comparaisons incessantes avec la bulle Internet, en passant par les craintes exprimées par la BCE, qui a mis en garde en août contre la possibilité d’une correction des valorisations boursières liées à l’IA. À cela s’ajoutent les noms des sociétés considérées comme les plus à risque par les analystes interrogés Netpublic.fr et la phrase virale prononcée par l’ancien chercheur d’Anthropic Jacob Coxon qui, dans un post sur X, a dénoncé le fait que le géant de l’IA et OpenAI jouent avec la vie des êtres humains, avertissant qu’il existe une probabilité d’environ 10 % que l’intelligence artificielle finisse par entraîner l’extinction de l’espèce humaine.

Cela explique ainsi la décision de Sam Altman de reporter l’introduction en bourse d’OpenAI et le plan annoncé par Dario Amodei, PDG d’Anthropic, pour éviter que le développement des modèles d’IA ne se solde par une catastrophe pour l’humanité tout entière.

Bulle de l’IA : l’éclatement est-il proche ?

Les interrogations qui n’ont jamais été résolues et qui sont relancées ponctuellement, de manière désormais presque obsessionnelle, se multiplient : le moment de l’éclatement de la bulle de l’IA est-il proche ?

Parmi les différentes réponses, celle fournie par l’économiste de Capital Economics James Reilly s’est démarquée : il vient d’avertir que, bien que la remontée du S&P 500 dispose encore d’une marge de progression cette année, à moyen terme, les perspectives semblent faibles, en raison d’un marché devenu euphorique et surévalué, comme le prouvent ces 8 signaux.

« La plupart des indicateurs suggèrent quele boom des actions liées à l’IA touche à sa fin », a écrit Reilly.

Son avis peut paraître surprenant dans la mesure où Capital Economics, qui figure parmi les plus importantes sociétés indépendantes de recherche économique et de conseil macroéconomique au monde, s’est révélée à plusieurs reprises bien plus optimiste sur le marché boursier que la plupart des analystes, depuis le milieu de l’année 2023, en évoquant précisément le facteur de l’IA.

Son équipe d’analystes a en effet souvent justifié sa confiance dans les actions américaines en qualifiant l’intelligence artificielle de une technologie destinée à transformer profondément l’économie : ce qui est d’ailleurs en train de se produire. En conséquence, les prévisions concernant l’évolution du S&P 500 jusqu’à fin 2026 ont toujours été supérieures à celles du consensus des analystes.

Il faut toutefois préciser que Capital Economics n’a jamais nié craindre que la hausse de plusieurs actions liées à l’IA ait atteint un point non plus tenable, devenant ainsi une bulle spéculative vouée à éclater.

Les 8 indicateurs habituellement utilisés pour identifier les bulles spéculatives sur le marché

Il y a exactement 8 indicateurs qui, en règle générale, sont utilisés pour repérer les bulles présentes sur le marché : parmi ceux-ci, ceux qui mesurent les valorisations des titres, les bénéfices des entreprises, la concentration de l’indice, les émissions d’actions et l’intérêt des investisseurs étrangers pour le marché boursier américain.

L’expert de Capital Economics a souligné que certains de ces 8 signaux se situent à des niveaux, ou à des niveaux proches, qui, par le passé, ont précédé les principaux pics du marché boursier. Il est vrai que certains facteurs indiquent que la situation n’est pas excessivement grave.

En effet, si certaines variables, telles que les prévisions de bénéfices, sont compatibles avec un marché proche de son pic, d’autres de ces 8 indicateurs, tels que la volatilité et l’endettement, semblent légèrement moins alarmants. Considérés dans leur ensemble, ces 8 indicateurs laissent toutefois présager une bulle de l’IA sur le point d’éclater. Les 8 signaux d’alerte évoqués par Capital Economics sont les suivants :

  • Le niveau des bénéfices ;
  • Les valorisations boursières ;
  • D’autres fondamentaux des entreprises ;
  • La volatilité ;
  • Le niveau de concentration au sein de l’indice ;
  • Les émissions d’actions/introductions en bourse ;
  • L’intérêt étranger pour les actions de Wall Street ;
  • L’effet de levier.

Alerte à l’éclatement de la bulle

Parmi les signaux les plus inquiétants figure celui lié aux bénéfices des entreprises, car les prévisions de croissance des bénéfices des sociétés cotées au S&P 500 avoisinent des niveaux observés uniquement au sommet de la bulle des dot-com. Mais ce n’est pas tout. Les prévisions à long terme concernant la croissance du bénéfice par action (BPA) ont atteint un niveau record.

De plus, Reilly a souligné que le fait qu’une part aussi importante de la croissance attendue du BPA soit concentrée dans le secteur technologique signifie que tout signe de faiblesse concernant les bénéfices des entreprises technologiques aurait de lourdes conséquences sur l’ensemble de l’indice S&P 500.

La bulle de l’IA, un autre indicateur en alerte rouge

Un autre indicateur en alerte rouge est celui qui mesure la concentration des entreprises du secteur de l’IA au sein du S&P 500, et qui oscille à des niveaux similaires à ceux qui avaient précédé l’éclatement de la bulle Internet.

Parmi les autres signaux d’alerte, on retiendra notamment les émissions nettes d’actions, redevenues positives,  et la part des actions américaines détenues par des investisseurs étrangers, qui a atteint un niveau record, confirmant le sentiment d’euphorie excessive qui règne à Wall Street.

Reilly a également cité un autre signe d’une bulle de l’IA sur le point d’éclater, à savoir la nouvelle vague d’introductions en bourse et de ventes d’actions, car, par le passé, des booms similaires dans les émissions d’actions ont coïncidé avec les pics du marché : « D’après ce que l’on a observé par le passé, cela suggère que la fin de la bulle n’est plus qu’une question de mois, et non d’années », a-t-il déclaré. (Il convient toutefois de rappeler que, ces dernières heures, OpenAI a justement décidé de reporter son introduction en bourse prévue pour 2026).

Moins alarmant, du moins par rapport aux autres facteurs, est en revanche l’indicateur mesurant l’endettement, même si Reilly a averti que, là encore, la tendance devenait « préoccupante ».

Plus rassurant, ou moins préoccupant, est en revanche l’indicateur de volatilité relatif aux actions individuelles qui composent le S&P 500 qui, bien que compatible avec une bulle à un stade intermédiaire, n’atteint pas encore, selon l’économiste, un niveau extrême et n’est pas comparable à ceux observés vers la fin du boom des dot-com.

Les prévisions de Capital Economics

Voici comment l’expert de Capital Economics a conclu :

« Bien que nous continuions de penser que le S&P 500 progressera depuis ses niveaux actuels d’environ 7 650 points pour atteindre 8 250 points d’ici fin 2026, nous prévoyons en fin de compte que l’indice redescendra jusqu’à 6 500 points d’ici fin 2027 »

Par rapport aux chiffres de vendredi dernier, le 11 septembre, ces données laissent entrevoir une hausse de 8 % en 2026 et une baisse significative de 21 % au cours de l’année 2027, provoquée, selon la société, précisément par un éventuel éclatement de la bulle de l’IA.

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