La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié sa nouvelle grille le 10 septembre. Verdict : au 1er octobre 2026, le prix repère du gaz grimpe de 6,3 % en moyenne. C’est la deuxième hausse d’affilée, après +5,6 % en septembre. Et l’hiver n’a pas encore commencé.

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plaque au gaz billet de 5 euro

Indexé ou fixe : deux contrats, deux réactions à la hausse

Depuis la fin du tarif réglementé, le 30 juin 2023, il n’existe plus de prix officiel du gaz. La CRE publie chaque mois un prix repère, qui sert de boussole. Beaucoup d’offres le suivent à la lettre : quand il monte, votre facture monte. D’autres, comme l’offre gaz d’Engie, bloquent le prix de la fourniture pendant plusieurs années. Cet automne, ces deux familles de contrats ne vont pas vivre la même chose.

« Les ménages qui ont souscrit une offre à prix fixe […] ne sont donc pas concernés. » — Commission de régulation de l’énergie, septembre 2026

La CRE chiffre l’effet de la hausse d’octobre à 5,28 € en moyenne sur la facture du mois, pour les contrats indexés. Cela paraît peu. Sauf que le chauffage redémarre. Pour une maison chauffée au gaz qui consomme 13 450 kWh par an, le kWh passe de 0,1347 € à 0,1456 €. Maintenu sur douze mois, cet écart représente environ 146 €. Fin 2025, près de 40 % des foyers avaient choisi un prix fixe. Eux ne verront pas cette hausse sur leur kWh.

Un prix fixe ne fige pas toute la facture

C’est le point que les slogans oublient souvent. Une facture de gaz se compose de trois blocs : la fourniture (le gaz lui-même), l’acheminement par les réseaux et les taxes. Seule la fourniture est ouverte à la concurrence. C’est donc la seule partie qu’un fournisseur peut garantir.

Les tarifs de réseau sont fixés par les pouvoirs publics, sur proposition de la CRE. Les taxes, par l’État. Quand ils bougent, tout le monde paie, prix fixe ou pas. Ce fut le cas au 1er juillet 2026, avec une révision du tarif de distribution. La hausse d’octobre, elle, vient uniquement du coût d’approvisionnement sur les marchés de gros. Les contrats à prix fixe y échappent donc réellement.

Ce que contient l’offre Gaz Référence 3 ans

Engie, l’ex-Gaz de France, reste le premier fournisseur de gaz du pays. Selon la CRE, les fournisseurs alternatifs ne détenaient que 47,2 % des foyers au gaz fin mars 2026. Son offre principale, Gaz Référence 3 ans, bloque l’abonnement et le prix du kWh hors taxes pendant trois ans. C’est l’un des horizons les plus longs du marché. Engie l’écrit noir sur blanc : acheminement et obligations réglementaires continuent d’évoluer.

Le contrat est sans engagement et sans frais de résiliation. La souscription se fait en ligne, 24h/24, et l’ancien contrat est résilié automatiquement à la date de démarrage du nouveau. La logique est la même que pour changer de fournisseur d’électricité en ligne : pas de coupure, pas de technicien, le gaz passe toujours par le réseau GRDF. L’offre inclut 5 % de gaz vert, attesté par des garanties d’origine, et Cap EcoConso, un outil gratuit de suivi des consommations.

Côté prix, les comparateurs relèvent un kWh autour de 0,12 € TTC selon la zone, sous le prix repère de septembre (0,1347 €). Revers de la médaille : l’abonnement, d’environ 361 € par an pour un logement chauffé, n’est pas le plus bas du marché.

Bloquer son prix maintenant

Le prix fixe a surtout du sens pour les gros consommateurs : une maison chauffée au gaz, une famille, un budget qui encaisse mal les surprises. Plus vous consommez, plus un kWh garanti joue en votre faveur. D’après Engie, la facture annuelle de chauffage et d’eau chaude d’une maison au gaz reste d’ailleurs inférieure d’environ 20 % à celle d’une maison chauffée à l’électricité.

À l’inverse, un studio qui n’utilise le gaz que pour cuisiner gagnera peu : l’abonnement pèse plus lourd que les kWh. Et rien ne garantit que les prix resteront hauts trois ans. Selectra anticipe un pic en janvier 2027, à +20,6 % par rapport à septembre. Ce n’est qu’une estimation.

Le risque reste limité : un particulier peut quitter son contrat à tout moment, sans frais. Avant de signer, un passage par un comparateur de gaz permet de vérifier le coût annuel pour votre consommation réelle, pas seulement le prix du kWh. Et quel que soit le contrat, les gestes pour réduire sa facture de gaz restent le levier le plus sûr.

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