En 2025, la France a enregistré 1 165 800 créations d’entreprises, dont 758 600 micro-entrepreneurs. L’Insee résume l’année ainsi :

« En 2025, en France, les créations d’entreprises restent en hausse, atteignant de nouveau un niveau record. »

Beaucoup de ces micro-entrepreneurs finiront par se poser la même question quelques années plus tard : faut-il changer de cadre ? Les plafonds de chiffre d’affaires, fixés depuis 2026 à 83 600 € pour les services et 203 100 € pour la vente (voir la fiche officielle de Service-Public), servent souvent de déclencheur. Une embauche ou un associé à accueillir aussi.

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Pour un indépendant qui travaille seul, le passage en société se résume presque toujours à deux options : la SASU ou l’EURL. Les deux protègent votre patrimoine personnel et peuvent se créer avec 1 € de capital. Mais elles ne vous paient pas de la même façon. Si vous hésitez encore sur les bases du régime actuel, notre guide sur le statut d’auto-entrepreneur rappelle ce que vous quittez.

Même activité, deux régimes sociaux opposés

La vraie différence n’est pas juridique. Elle est sociale. Le président de SASU est assimilé salarié : il cotise au régime général, comme un cadre. Le gérant d’EURL est travailleur non salarié (TNS) : il dépend de la Sécurité sociale des indépendants.

L’écart de coût est net. Le site L-Expert-comptable.com a fait le calcul pour un dirigeant qui veut toucher 60 000 € nets par an. En EURL, la société débourse environ 86 000 €. En SASU, il faut compter autour de 110 000 €. Soit 20 000 à 30 000 € de plus chaque année pour le même revenu dans la poche.

SASU EURL
Statut du dirigeant Assimilé salarié TNS
Charges sur la rémunération 80 à 85 % du net 40 à 45 % du net
Imposition par défaut Impôt sur les sociétés Impôt sur le revenu (IS sur option)
Dividendes Flat tax, sans cotisations Cotisations au-delà de 10 % du capital
Assurance chômage Non Non

Dividendes : la flat tax a augmenté en 2026

La SASU garde un atout : on peut ne pas se verser de salaire du tout. Pas de salaire, pas de cotisations. Le dirigeant se rémunère alors en dividendes, après paiement de l’impôt sur les sociétés (15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà).

Ce calcul est un peu moins favorable depuis le 1er janvier 2026. La loi de financement de la Sécurité sociale a relevé la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %. Résultat : la flat tax sur les dividendes passe de 30 % à 31,4 %.

En EURL, la mécanique est différente. Les dividendes versés au gérant supportent des cotisations sociales pour la part qui dépasse 10 % du capital, des primes d’émission et des sommes laissées en compte courant. Prenons une EURL créée avec 1 000 € de capital qui distribue 20 000 €. Seuls 100 € échappent aux cotisations. Le reste est traité presque comme une rémunération.

Concrètement, l’EURL convient mieux à ceux qui se versent un revenu régulier. La SASU devient intéressante quand on se paie peu, ou seulement en fin d’exercice.

Protection sociale : ce que l’on achète avec les charges

Les cotisations plus lourdes de la SASU ne sont pas perdues. Le président bénéficie d’une couverture proche de celle d’un salarié : meilleures indemnités en cas d’arrêt maladie, couverture accident du travail, retraite complémentaire Agirc-Arrco.

Le TNS paie moins, mais il est moins couvert. Ses indemnités journalières sont plafonnées à 65,84 € par jour, versées à partir du quatrième jour d’arrêt. Il n’a pas d’assurance accident du travail obligatoire. Il peut compléter sa couverture par des contrats dits « Madelin », déductibles de son revenu imposable.

Un point commun souvent ignoré : aucun des deux statuts n’ouvre droit au chômage. Le président de SASU n’est pas un salarié au sens de France Travail, même s’il cotise au régime général.

Changer de statut sans se tromper d’étape

Une micro-entreprise ne se « transforme » pas en société. Il faut créer la nouvelle structure, puis lui apporter ou lui céder l’activité, avant de fermer la micro-entreprise. Au total, le coût varie en général entre 300 et 2 000 € selon la méthode et l’accompagnement choisis.

C’est là que des acteurs comme Swapn interviennent. Ce cabinet d’expertise comptable en ligne, inscrit à l’Ordre des experts-comptables, aide à choisir entre SASU et EURL selon le mode de rémunération visé. Il prend en charge la création de la société sans frais d’accompagnement (seuls les frais légaux restent à payer), puis la comptabilité à partir de 29 € HT par mois. La plateforme revendique plus de 15 000 entrepreneurs accompagnés.

Avant de signer quoi que ce soit, une simulation chiffrée reste indispensable. Il faut la faire avec votre chiffre d’affaires réel et le revenu dont vous avez réellement besoin chaque mois. Deux dirigeants au même chiffre d’affaires peuvent aboutir à deux choix opposés.

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