
Les débuts, le 12 juin, avaient été records : l’introduction en bourse avait levé 85,7 milliards de dollars, grâce notamment à l’exercice de l’option greenshoe, et lors des premiers jours de cotation, le titre avait frôlé les 202 dollars. Depuis lors, cependant, les prises de bénéfices ont pris le dessus et le marché tente de déterminer quelle pourrait être la valeur réelle de la société.
Wall Street reste optimiste
Malgré la récente faiblesse du titre, le sentiment des analystes reste majoritairement positif. Avec la fin de la période de silence post-introduction en bourse, 19 analystes ont commencé à couvrir le titre et la plupart recommandent d’acheter les actions.
L’objectif de cours médian se situe autour de 250 dollars, soit environ 70 % au-dessus des niveaux actuels du marché. La plupart des estimations se situent entre 200 et 250 dollars.
Parmi les banques d’affaires les plus optimistes figurent Morgan Stanley, avec un objectif de 300 dollars, Bernstein à 239 dollars, RBC à 225 dollars et UBS à 210 dollars. Deutsche Bank évalue le titre à 255 dollars, tandis que J.P. Morgan indique un objectif de 225 dollars.
Pourquoi les analystes voient encore une marge de progression ?
Selon les analystes haussiers, le principal avantage concurrentiel de SpaceX reste son leadership dans la technologie des fusées réutilisables et dans les services de lancement spatial, ainsi que l’expansion rapide du réseau satellitaire Starlink.
Mais c’est surtout le potentiel de nouvelles activités qui justifie ces valorisations plus élevées. Wall Street estime en effet que la société pourrait développer des services d’intelligence artificielle, des outils logiciels avancés, des plateformes cloud et même des centres de données en orbite, élargissant ainsi considérablement ses sources de revenus dans les années à venir.
Pour de nombreux investisseurs, la valeur de SpaceX ne dépend donc pas uniquement de ses activités actuelles, mais surtout de sa capacité à transformer des projets encore embryonnaires ende nouveaux marchés pesant plusieurs milliards.
Objectifs de cours de 131 à 800 dollars : un fossé divise Wall Street
L’aspect le plus surprenant de ces nouvelles valorisations réside toutefois dans l’énorme écart entre les scénarios élaborés par les analystes. L’objectif de cours le plus élevé émane de Raymond James, qui prévoit un cours de 800 dollars, qualifiant SpaceX d’infrastructure stratégique comparable aux chemins de fer ou à Internet. Citi, en revanche, fixe un objectif initial de 200 dollars mais estime qu’à long terme, le titre pourrait atteindre 900 dollars si le projet Starship tient ses promesses.
Morgan Stanley envisage un scénario de base à 300 dollars, avec une valorisation pouvant atteindre 600 dollars dans le scénario le plus favorable, tandis que dans le scénario baissier, elle descendrait à 75 dollars.
Les sceptiques mettent en garde contre ces valorisations
Les voix les plus prudentes restent toutefois nettement minoritaires. MoffettNathanson est le seul cabinet d’analyse à avoir fixé un objectif inférieur aux cours actuels du marché, à savoir 131 dollars, tout en conservant une opinion neutre.
Selon les analystes de la société, les estimations concernant le marché potentiel de SpaceX seraient excessivement optimistes et il n’existerait pas, à l’heure actuelle, de modèle financier crédible capable de justifier une valorisation avoisinant les 2 000 milliards de dollars.
Les experts soulignent en outre que de nombreux investisseurs achètent le titre en misant sur des activités qui ne génèrent pas encore de revenus significatifs, alors qu’à long terme, des risques réglementaires liés à la prédominance croissante de l’entreprise dans le secteur des lancements spatiaux pourraient également apparaître.



