
Le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient a toutefois bloqué ce flux et, aujourd’hui, l’Europe, en raison de sa forte dépendance aux importations de pétrole et de gaz, avance avec le frein à main tiré : à tel point qu’au cours du dernier mois, un ETF sur le Stoxx 600 a perdu (en termes de rendement total) près de 9 % de sa valeur.
Fonds et ETF : qui gagne et qui perd sur le long terme ?
Le Vieux Continent, cependant, en matière d’investissements, est une mosaïque très variée, et il est donc possible de trouver (parmi les fonds et les ETF) des solutions d’investissement qui surperforment largement le marché.
La récente correction, n’affecte pas un cycle triennal qui a récompensé les grandes capitalisations européennes avec des rendements supérieurs à 35 % et des pics à 40 % pour le segment « value », c’est-à-dire celui qui cherche à identifier des titres sous-évalués par rapport à leur valeur intrinsèque. Et c’est précisément le style « value », le fil conducteur le plus solide de toute l’analyse : sa supériorité par rapport au style « growth » ne se mesure pas seulement aux rendements, mais se manifeste avec encore plus de netteté sur les indicateurs de risque.
Le drawdown maximal sur cinq ans (différence entre un point haut et un point bas, ndlr) des grandes capitalisations européennes de type growth dépasse 26 %, celui des titres value s’arrête en dessous de 19 %, tandis que la volatilité négative sur trois ans s’établit respectivement à 7,4 % et 5 %. À l’opposé, les moyennes et petites capitalisations européennes constituent le maillon structurellement faible du phénomène : sur cinq ans, l’indice des mid et small caps affiche à peine +4,2 % contre +42,6 % pour les grandes et moyennes capitalisations, tandis que le segment « growth » plonge même en territoire négatif, à -7,8 %.
La carte des dividendes élevés
Depuis le début de l’année, les fonds et les ETF qui satisfont le plus les investisseurs sont les plus défensifs : d’une part, les stratégies « value », d’autre part, les stratégies à dividendes élevés et les titres présentant des fondamentaux comptables de qualité. L’ETF Europe Equity Income de Wisdomtree (+4,5 % avec des frais annuels de 0,29 %) s’inscrit précisément dans cette tendance des dividendes élevés.
Dans la phase actuelle, souligne Ayush Babel, directeur de la recherche quantitative, « les investisseurs peuvent tirer profit d’une approche plus sélective et défensive, en privilégiant les sociétés aux fondamentaux solides, aux flux de trésorerie résilients et à la gestion disciplinée du capital ».
En Europe, cela se traduit par une attention particulière portée aux entreprises clairement engagées dans la rémunération des actionnaires, ce qui a toujours été l’une des caractéristiques distinctives du marché boursier de la région. Il est toutefois essentiel, prévient le gestionnaire de fonds, « de combiner ces expositions avec des filtres de qualité, afin d’éviter les « pièges de la valeur » : des sociétés qui semblent intéressantes en termes de valorisation ou de rendement, mais dont les fondamentaux se détériorent ».
Entre décotes et qualité
Aperture figure dans le classement avec le fonds European Innovation (+4,3 % en 2026 avec des frais annuels de 0,3 %). Anis Lahlou, directeur des investissements de la société, estime que « la récente volatilité des marchés représente une opportunité de se diversifier vers l’Europe, un marché que nous considérons encore comme attractif par rapport aux États-Unis, étant donné qu’il se négocie avec une décote de 20 à 25 % par rapport aux États-Unis ».
Quant au compartiment lui-même, le gestionnaire de fonds adopte une « approche flexible et à forte conviction, qui se concentre sur trois domaines : la valeur, c’est-à-dire les titres sous-évalués, la qualité, c’est-à-dire les sociétés solides et en croissance stable, et la dynamique des bénéfices, c’est-à-dire une croissance exponentielle conduisant à des révisions à la hausse des bénéfices ».
Dans le contexte de marché actuel, M. Lehlou a orienté le portefeuille dès le début de l’année vers « les facilitateurs de l’intelligence artificielle et les principales entreprises européennes du secteur de la défense : des entreprises qui bénéficient de changements structurels, où les nouvelles technologies ou les nouveaux modèles économiques se traduisent par une croissance soutenue des bénéfices et un avantage concurrentiel à long terme ».
Les yeux rivés sur les flux de trésorerie
De son côté, UBS Asset Management (AM) figure dans le classement avec le compartiment KSS European Equity Value, axé sur les titres sous-évalués. Philip Haigh, gestionnaire de portefeuille senior en actions «global value», adopte une « approche à contre-courant, en investissant dans des sociétés solides et sous-évaluées dotées de modèles économiques résilients ».
Récemment, le gestionnaire de fonds a réduit ou cédé « des positions dans des secteurs tels que l’énergie et la finance, où les performances ont été solides et les valorisations ont augmenté, afin de nous repositionner sur des domaines qui nous convainquent davantage, dans des compartiments plus défensifs et axés sur la qualité, où les prix sont devenus plus intéressants ».
Plus généralement, le gestionnaire adopte une stratégie à long terme, avec un horizon moyen d’environ cinq ans, ce qui nous amène à nous orienter vers les flux de trésorerie, en analysant les sociétés sur la base des bénéfices normalisés et du flux de trésorerie disponible.



