
Moins de capital, plus de mensualité
En 2022, l’emprunteur moyen signait pour 207 537 €. Trois ans plus tard, il emprunte 13 589 € de moins. Sauf que la mensualité, elle, a grimpé. À cette époque, les taux de crédit immobilier tournaient autour de 1,1 % avant leur envolée. Sur la même durée, ces 207 537 € revenaient à environ 870 € par mois.
Autrement dit : les ménages achètent plus petit et paient 130 € de plus chaque mois. Sur vingt-deux ans, l’écart représente près de 34 000 € d’intérêts supplémentaires pour un bien moins cher.
Le pouvoir d’achat immobilier n’est pas revenu
Prenons le problème dans l’autre sens. Avec une mensualité fixée à 1 000 € sur 22 ans, un acheteur pouvait viser 238 000 € de capital fin 2021. Aujourd’hui, la même mensualité ne finance plus que 194 000 €. Soit 44 000 € de capacité d’emprunt envolés. Vous pouvez vérifier votre propre marge avec une simulation de crédit immobilier.
La hausse de 5,8 % du montant moyen en 2025 ne comble donc qu’une partie du trou creusé entre 2022 et 2024.
Le taux d’effort moyen s’établit à 30,4 %. Pour supporter une mensualité de 999 €, il faut donc afficher environ 3 280 € de revenus nets mensuels. L’endettement moyen atteint 4,5 années de revenus, un niveau qui n’a pas reflué. Les primo-accédants, eux, reprennent du terrain : 43,7 % de la production en 2025. L’ACPR parle d’un marché en phase de normalisation. Reste que la quotité financée progresse, signe que les apports s’amenuisent.
Et les taux ?
Ils se sont stabilisés à 3,08 % fin 2025, puis sont légèrement repartis à la hausse début 2026. La France reste sous la moyenne de la zone euro, mais loin de l’Espagne, où les emprunteurs obtiennent encore entre 2,5 % et 3 %.



