
Statut de bailleur privé : de quoi parle-t-on ?
Le statut de bailleur privé permet à un particulier d’acheter un logement pour le louer vide, en tant que résidence principale, tout en bénéficiant d’un avantage fiscal sous certaines conditions. Avec « Relance Logement », la logique change par rapport au Pinel. Il ne s’agit plus d’une réduction d’impôt calculée sur le prix d’achat, mais d’une déduction pratiquée sur les revenus fonciers au titre de l’amortissement du bien.
En clair, le propriétaire peut déduire chaque année une partie de la valeur du logement de ses revenus locatifs. Le dispositif s’applique aux logements neufs ainsi qu’à certains logements anciens faisant l’objet d’une réhabilitation lourde. Il est ouvert pour les acquisitions et les opérations engagées jusqu’au 31 décembre 2028.
Quels logements peuvent ouvrir droit au dispositif ?
Pour être éligible, le logement doit être situé en France, dans un immeuble collectif et être loué vide à titre de résidence principale. Le bailleur doit s’engager à le louer de façon effective et continue pendant au moins neuf ans.
Le logement doit être mis en location dans les douze mois suivant son achèvement ou son acquisition si celle-ci est postérieure. Les loyers ainsi que les ressources du locataire sont encadrés selon la catégorie retenue – intermédiaire, sociale ou très sociale – et selon la localisation du bien.
Autre point important : le logement ne peut pas être loué à un membre du foyer fiscal du propriétaire, ni à un parent ou allié jusqu’au deuxième degré.
Pour les logements anciens, les modalités d’accès au dispositif Jeanbrun exigent que le montant des travaux soit a minima de 30% du prix d’achat. L’idée est claire : encourager une vraie remise à niveau du parc immobilier, pas de simples travaux cosmétiques.
En quoi le dispositif Jeanbrun se distingue-t-il de la loi Pinel ?

La première différence est fiscale. Le dispositif Pinel reposait sur une réduction d’impôt. Relance Logement, lui, repose sur une déduction au titre de l’amortissement. Ce n’est donc pas le même mécanisme, ni la même façon d’apprécier la rentabilité d’un projet.
Autre changement notable : le dispositif ne se limite pas à certaines zones géographiques. Il peut s’appliquer partout en France, à condition de respecter les plafonds de loyers et de ressources des locataires prévus par les textes.
Il se distingue aussi par son champ d’application. Le neuf reste concerné, mais l’ancien retrouve une place importante, à condition que les travaux soient suffisamment lourds.
En pratique, le dispositif vise à répondre à une crise locative qui touche particulièrement les étudiants, les apprentis et les jeunes actifs. Dans ce contexte, plusieurs acteurs du secteur évoquent une baisse estimée de l’offre locative d’environ 15 % sur cinq ans, ce qui renforce l’intérêt de mécanismes capables de remettre des logements sur le marché.
Quels sont les avantages fiscaux du dispositif Relance Logement ?
L’avantage fiscal porte uniquement sur la valeur du bâti. La part correspondant au foncier n’entre pas dans le calcul et est estimée forfaitairement à 20 % du prix d’acquisition net de frais.
Dans le neuf, le taux d’amortissement est fixé à 3,5 % en location intermédiaire. Il passe à 4,5 % en location sociale et à 5,5 % en location très sociale. Dans l’ancien, le taux est de 3 % en location intermédiaire, 3,5 % en location sociale et 4 % en location très sociale.
La somme des déductions pratiquées ne peut pas dépasser 8 000 euros par an et par foyer fiscal. Ce plafond peut être porté à 10 000 euros ou 12 000 euros lorsque la part des loyers issus de logements loués en social ou en très social atteint au moins 50 % des revenus bruts concernés.
En plus de l’amortissement, les charges liées à la location – comme certains travaux, la taxe foncière ou les intérêts d’emprunt – restent déductibles dans le cadre du régime réel. Elles peuvent donc contribuer à créer un déficit foncier.
Faut-il y voir un successeur du dispositif Pinel ?
« Relance Logement » reprend l’idée d’un avantage fiscal en contrepartie d’un engagement locatif, mais il s’inscrit dans une logique différente : encourager des loyers encadrés, favoriser l’investissement de long terme et soutenir la production ou la rénovation de logements.
Pour les investisseurs, ce nouveau cadre peut être intéressant, en particulier pour ceux qui raisonnent en revenus fonciers et en amortissement. En revanche, comme toujours en matière d’immobilier, la fiscalité ne doit pas être le seul critère. Emplacement, niveau de loyer, montant des travaux, financement et rentabilité prévisionnelle restent essentiels.
Avant de se lancer, mieux vaut donc demander une estimation ou une simulation personnalisée à un conseiller en gestion de patrimoine, un expert-comptable ou un notaire. Cela permet de vérifier si le dispositif correspond vraiment à votre situation et à vos objectifs.



