
Le duel qui se joue avec BoursoBank
Le vrai match se dispute en coulisses. BoursoBank, la filiale de Société Générale, revendiquait 8,8 millions de clients fin 2025 et vise 25 millions à terme. Revolut, elle, annonce 10 millions d’ici fin 2027. Les deux enseignes se disputent le titre de meilleure banque en ligne de France, à coups de communiqués et de classements d’applications.
Revolut affirme d’ailleurs avoir été la 10ème application la plus téléchargée en France au premier semestre, toutes catégories confondues. Devant WhatsApp, Instagram ou Carte Vitale. Et devant BoursoBank, justement!
Une licence bancaire française, le vrai enjeu
Derrière la course aux clients se cache un dossier plus stratégique : l’agrément bancaire français. Revolut opère aujourd’hui grâce à sa licence lituanienne, obtenue en 2018. Suffisant pour tenir des comptes, insuffisant pour jouer dans la cour des grands. La fintech a donc déposé une demande auprès de l’ACPR, le régulateur français, et les discussions seraient très avancées.
Pour maximiser ses chances, elle a recruté du lourd : Frédéric Oudéa, qui a dirigé Société Générale pendant quinze ans, préside désormais son conseil pour l’Europe de l’Ouest. L’ironie est savoureuse : l’homme qui a fait grandir BoursoBank travaille aujourd’hui pour sa principale rivale. Le tout s’accompagne d’un plan d’investissement d’1 milliard d’euros, de l’ouverture d’un siège parisien début 2027 et de plus de 400 recrutements annoncés.
Ce que ça changerait pour vos finances
Concrètement, cette licence ouvrirait à Revolut les produits qui manquent encore à son catalogue : crédit immobilier, livrets réglementés, assurance vie, PER, autorisation de découvert. Autrement dit, tout ce qui transforme une application de paiement en banque principale.
« Notre cap est clair : devenir la banque de référence en France », résume Béatrice Cossa-Dumurgier, directrice générale Europe de l’Ouest.
Les moyens suivent : Revolut a dépassé les 5 milliards d’euros de revenus en 2025, contre 3,7 milliards un an plus tôt, pour une valorisation de 75 milliards de dollars. Reste une question que chaque client devra trancher : garder Revolut comme carte d’appoint ou lui confier son salaire, son épargne et son crédit ? Les banques traditionnelles, elles, connaissent déjà la réponse qu’elles redoutent…



