Vingt-cinq ans plus tard, l’Amérique continue de payer la facture du 11 septembre. Le fonds fédéral créé pour indemniser les victimes des attentats et les personnes tombées malades à la suite d’une exposition à des substances toxiques a déjà accordé des indemnités pour un montant de 18,56 milliards de dollars. Mais le bilan est loin d’être clos : au cours des huit premiers mois de 2026, 6 327 nouvelles demandes ont été reçues, dont 859 rien qu’en août, tandis que depuis le début de l’année, de nouvelles indemnisations d’un montant de 1,52 milliard ont été accordées.

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Alors que la machine des commémorations est en marche, le président Donald Trump ayant choisi le Pentagone pour rendre hommage aux 2 977 victimes des attentats, c’est le rapport mensuel du Fonds d’indemnisation des victimes du 11 septembre, mis à jour au 31 août, qui dresse un état des lieux actualisé des coûts. Le nombre de personnes enregistrées s’élève désormais à 200 552. L’inscription n’équivaut pas au dépôt d’une demande d’indemnisation, mais permet aux personnes exposées de conserver le droit de le faire si elles développaient à l’avenir l’une des pathologies reconnues.

La reconstruction du World Trade Center et de Lower Manhattan

À côté de ce décompte qui regroupe victimes et survivants et ne cesse d’augmenter, l’autre facette du bilan est la reconstruction de Lower Manhattan. Environ 20 milliards de dollars de fonds publics et privés ont permis de redessiner le World Trade Center et l’ensemble du quartier financier. Sur le site détruit par les attentats, environ 929 000 mètres carrés de bureaux et plus de 46 000 mètres carrés d’espaces commerciaux ont été construits, ainsi que le mémorial, le musée et le centre des arts. Le nouveau pôle de transport du World Trade Center a coûté environ 4 milliards, tandis que 1,4 milliard supplémentaires ont été investis dans le Fulton Transit Center.

Lower Manhattan, autrefois presque exclusivement un quartier d’affaires, s’est transformé en un quartier résidentiel, commercial et touristique. Selon le contrôleur de l’État de New York, Thomas DiNapoli, la population est passée de 32 446 habitants en 2001 à plus de 70 000 en 2024. Au cours de la même période, la surface résidentielle a augmenté d’environ 2,86 millions de mètres carrés.

En 2024, la zone comptait plus de 257 000 emplois dans le secteur privé, soit 6,4 % de plus qu’en 2000. Le recul progressif du poids des sociétés financières s’est accompagné de l’arrivée de groupes technologiques, médiatiques et publicitaires, tandis que le nombre d’hôtels est passé à 42.

Les difficultés communes à l’ensemble du marché immobilier d’affaires américain persistent : le taux de bureaux vacants avoisine toujours les 22 %. Mais ce quartier, que beaucoup considéraient comme fini au lendemain des attentats, compte aujourd’hui plus d’habitants et d’actifs qu’avant le 11 septembre.

L’impact sur la santé et le World Trade Center Health Program

Le coût qui échappe à tout contrôle reste toutefois le coût humain. Le fonds a été autorisé à fonctionner jusqu’en 2090, précisément parce que certaines pathologies peuvent se manifester des décennies plus tard, même chez des personnes qui étaient très jeunes au moment des attentats.

Les demandes effectivement déposées auprès du September 11th Victim Compensation Fund s’élèvent à plus de 112 300. Le nombre potentiel de personnes concernées est toutefois bien plus élevé. Selon les estimations du fonds, jusqu’à 400 000 personnes auraient pu être exposées aux substances toxiques libérées par l’effondrement des Tours jumelles : non seulement les pompiers et les secouristes, mais aussi les riverains, les travailleurs, les étudiants et les personnes qui se trouvaient dans la zone au cours des mois qui ont suivi les attentats. Le nombre de décès dus à des pathologies apparues à la suite des événements du 11 septembre s’élèverait quant à lui à près de 10 000, du moins à en juger par les demandes d’indemnisation déposées, dont environ 6 300 ont été acceptées.

Les coûts des soins de santé sont à distinguer des indemnités. Le World Trade Center Health Program, qui assure le suivi médical et les traitements pour les pathologies liées au 11 septembre, prend désormais en charge environ 140 000 survivants et secouristes.

Au cours des trois dernières années, plus de 30 000 nouveaux bénéficiaires se sont inscrits, mettant à rude épreuve les ressources et le personnel. Début 2026, le Congrès a dû intervenir pour couvrir un besoin prévisionnel d’environ 3 milliards de dollars et éviter toute réduction des prestations.

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