Un studio, un ballon d’eau chaude, une plaque à induction. Jusqu’à hier, ce profil de logement n’avait droit qu’à un seul prix du kWh, le même à 3 heures du matin qu’à 19 heures. La Commission de régulation de l’énergie referme cette porte restée bloquée pendant des années : depuis le 1er août 2026, l’option heures pleines / heures creuses du tarif réglementé descend jusqu’aux compteurs de 3 kVA, contre 6 kVA minimum auparavant.

Environ 330 000 abonnés concernés

Ce sont les plus petites puissances souscrites du parc français : studios, petites surfaces, résidences secondaires peu équipées. Leur point commun, c’est une consommation faible mais très décalable. Le chauffe-eau tourne la nuit, le lave-linge aussi.

La CRE justifie l’ouverture par la volonté de « permettre aux consommateurs base 3 kVA de bénéficier de leur flexibilité ». Le régulateur va plus loin dans son estimation : près de 60 % de ces abonnés auraient intérêt à basculer sans rien modifier à leurs habitudes. Le calcul se fait seul, simplement parce que leur consommation tombe déjà en grande partie sur les plages nocturnes.

Un détail à intégrer avant de signer : depuis novembre 2025, Enedis déplace une partie des heures creuses vers l’après-midi, entre 11 h et 17 h l’été. Au moins cinq heures consécutives restent garanties la nuit, entre 23 h et 7 h. Le geste malin de 2015 (tout programmer à 2 h du matin) ne suffit plus, il faut regarder ses propres plages avant d’arbitrer. Elles figurent sur la facture et dans l’espace client EDF.

Pendant ce temps, la facture moyenne des français prend 26 euros

La même délibération acte une évolution du niveau moyen des tarifs réglementés de +2,5 % TTC. Traduit en euros, cela donne +5,98 € TTC/MWh, soit une facture annuelle qui passe de 1 046 € à 1 072 € pour une consommation de 4,5 MWh. Les 19,37 millions de clients résidentiels au tarif réglementé encaissent une nouvelle augmentation sur leur facture d’énergie.

Deux postes expliquent la marche : le TURPE, le tarif d’acheminement, qui grimpe de 3,04 % sur les réseaux de distribution, et l’entrée du nouveau mécanisme de capacité dans l’empilement des coûts après la première enchère de juillet. L’accise, elle, recule de 30,85 à 30,62 €/MWh. Trop peu pour annuler le reste.

Le contraste avec les deux mouvements précédents est net. Février 2025 avait apporté -15 %, février 2026 une quasi-stabilité. La détente des marchés de gros est absorbée, place aux coûts de réseau désormais,

Le bon réflexe avant de basculer

Le changement d’option est gratuit et se demande auprès de son fournisseur d’énergie. Il prend effet au relevé suivant. Reste à vérifier une chose : l’abonnement en heures creuses coûte un peu plus cher qu’en base. Si moins de 30 % de votre consommation tombe dans les plages creuses, le surcoût mange le gain.

Et le tarif réglementé n’est pas une fatalité. Plusieurs offres de marché s’affichent sous le tarif Bleu, sans frais ni coupure au moment du transfert : un passage par un comparateur d’électricité permet de chiffrer l’écart, et changer de fournisseur en ligne prend une dizaine de minutes.