
Il y a également une autre question de plus en plus urgente : celle de la consommation énergétique. L’utilisation de l’intelligence artificielle nécessite en effet d’énormes quantités d’énergie, notamment pour alimenter et refroidir les centres de données nécessaires au traitement des données.
C’est pourquoi, partout dans le monde, on étudie actuellement des solutions innovantes pour héberger ces infrastructures. En France, on en compte déjà plusieurs centaines en activité, tandis qu’à l’étranger, les expérimentations particulièrement originales ne manquent pas, comme celle des centres de données installées sous l’eau, où les basses températures facilitent le refroidissement des installations.
Il existe cependant un autre projet qui pourrait impliquer directement les familles, en leur offrant même la possibilité de gagner de l’argent. Concrètement, l’idée consiste à installer dans les logements un petit centre de données (appelé aussi data center) qui, du moins sur le plan esthétique, ressemble au compresseur extérieur d’un climatiseur.
Il faut préciser que le projet en est encore au stade expérimental, mais selon les premières rumeurs, il pourrait garantir aux propriétaires des logements une rémunération pouvant atteindre 20 000 euros par an, simplement en mettant à disposition l’espace et l’énergie nécessaires au fonctionnement de l’installation.
Comment fonctionne le data center domestique XFra ?
Cela dit, entrons plus en détail dans un projet qui pourrait déboucher sur la création d’un véritable réseau de centres de données domestiques dans le but de répartir la capacité de calcul nécessaire à l’intelligence artificielle, en évitant de la concentrer exclusivement au sein des grandes structures traditionnelles.
Ce projet, qui, nous le rappelons, en est encore au stade expérimental, s’appelle XFra et a été développé par la société américaine Span, spécialisée dans la fabrication de panneaux électriques intelligents. Nvidia participe également à cette initiative, sa technologie étant utilisée pour garantir la capacité de traitement nécessaire au fonctionnement de chaque nœud.
Comme annoncé, l’objectif est d’installer à l’extérieur des habitations un dispositif contenant des processeurs et des cartes graphiques destinés à effectuer des opérations de calcul liées à l’IA, ainsi qu’un système de refroidissement par liquide nécessaire pour éviter la surchauffe des équipements.
Chaque unité est raccordée au réseau électrique du logement via un panneau intelligent et une batterie de stockage, et intègre un mécanisme conçu pour surveiller en permanence la consommation du logement et n’allouer au centre de données que l’énergie disponible à ce moment-là. Les besoins du logement restent donc prioritaires : lorsque la demande en électricité de la famille augmente, la puissance utilisée par le dispositif est automatiquement réduite.
Le véritable élément innovant réside dans la connexion entre les différentes unités. Les petits centres de données installés dans les logements sont en effet coordonnés via une plateforme numérique et fonctionnent ensemble comme s’ils faisaient partie d’une seule et même grande infrastructure. De cette manière, des centaines d’appareils répartis sur le territoire peuvent mettre à la disposition des entreprises une capacité de calcul significative.
Quels seraient les inconvénients ?
Comme il s’agit d’un projet encore expérimental, plusieurs aspects restent à clarifier. Par exemple, l’appareil occupe de l’espace à l’extérieur du logement et, bien qu’il soit conçu pour limiter le bruit, il pourrait tout de même s’avérer gênant s’il est installé près des fenêtres ou des habitations des voisins.
Une autre question concerne la sécurité. L’appareil contient des composants technologiques de valeur et est connecté à un réseau externe, il sera donc nécessaire d’assurer une protection adéquate tant contre d’éventuels vols que contre d’éventuelles cyberattaques. Avant l’installation, il faudra également préciser qui devra intervenir en cas de panne et qui sera responsable des éventuels dommages ; il sera également important de connaître les conditions prévues pour la maintenance et pour le retrait éventuel de l’appareil.
Une autre question concerne la consommation. Il est vrai que le système devrait utiliser la capacité électrique dont le logement n’a pas besoin à ce moment-là, mais cela ne signifie pas que l’énergie consommée par le centre de données soit gratuite. Il faudra donc déterminer qui paiera l’électricité utilisée par l’installation et si les coûts correspondants seront remboursés ou déjà inclus dans la rémunération versée au propriétaire.
Combien pourrait-on gagner avec un mini data center domestique XFra ?
L’avantage principal, en revanche, serait bien sûr d’ordre économique. À cet égard, selon les informations qui ont circulé ces dernières semaines, ceux qui acceptent d’héberger un nœud XFra pourraient bénéficier d’avantages d’une valeur totale avoisinant les 22 000 dollars par an, soit environ 20 000 euros au taux de change actuel.
Il convient toutefois de préciser que ce chiffre n’a pas été officiellement confirmé ni par Span ni par Nvidia et que, du moins pour l’instant, il n’est pas possible de savoir quel montant serait effectivement versé à chaque foyer, d’autant plus que les conditions varieront en fonction du lieu d’installation.
De plus, outre ce gain éventuel, les propriétaires recevraient un tableau électrique intelligent, une batterie capable d’alimenter l’ensemble du logement en cas de coupure de courant et le nœud informatique XFra. Des réductions sur les coûts de l’énergie et de la connexion Internet pourraient également être envisagées.



