
Le gestionnaire, déjà célèbre pour ses paris à la baisse sur le marché immobilier américain relatés dans The Big Short, avait rendu publiques sur Substack le 30 juin ses nouvelles positions baissières sur Caterpillar, Nvidia, l’ETF VanEck Semiconductor, Applied Materials et Tesla, toutes ouvertes après des hausses soutenues. Les positions courtes, comme on le sait, consistent à emprunter des titres, à les vendre immédiatement et à rembourser l’emprunt ultérieurement à un prix inférieur, pariant ainsi sur une baisse des cours.
Les coups gagnants de Michael Burry
Le résultat le plus marquant à ce jour concerne Tesla. Le titre du constructeur de véhicules électriques, vendu à découvert par Michael Burry à 416,22 dollars, a clôturé à 319,69 dollars après une chute de 15 % au cours de la seule séance de jeudi, à la suite de la publication de résultats trimestriels décevants, portant la baisse totale du mois de juillet à environ 24 %. Caterpillar, en revanche, a perdu environ 16 % au cours du mois, passant de 1 060,98 dollars, niveau auquel Michael Burry avait déclaré avoir ouvert sa position, à 894,54 dollars.
Il est intéressant de noter que ce même investisseur avait écrit n’avoir jamais vendu à découvert auparavant le fabricant d’engins de chantier, qui lui avait au contraire généré par le passé des gains substantiels sur ses positions longues. Dans le secteur des semi-conducteurs également, les paris ont donné des résultats globalement favorables : le VanEck Semiconductor ETF a reculé à environ 551 dollars par rapport aux 642,80 dollars de son entrée, tandis qu’Applied Materials a perdu du terrain pour s’établir à environ 562,80 dollars, contre 729,40 dollars au départ.
La seule exception notable est Nvidia, qui a grimpé à environ 208,76 dollars contre les 198,09 dollars auxquels elle avait été vendue à découvert, ce qui montre que la dynamique liée à l’intelligence artificielle n’est pas encore tout à fait épuisée sur tous les fronts.
Dans l’ensemble, quatre des cinq opérations rendues publiques ont tourné à l’avantage de Michael Burry, s’inscrivant dans un repli plus général de certains titres industriels et technologiques qui avaient tiré les marchés vers le haut au cours du premier semestre 2026. Vendredi, cet investisseur a réaffirmé sa conviction baissière, déclarant qu’il n’avait pas encore clôturé sa position courte sur Tesla car « elle se réduit d’elle-même », d’avoir renforcé sa position sur Caterpillar à 893,49 dollars et celle sur Nvidia à 210,28 dollars, ainsi que d’avoir ajouté à sa position courte sur le VanEck Semiconductor ETF à 535,83 dollars et d’avoir ouvert une nouvelle position baissière sur Micron Technology à 933,86 dollars.
Où continue-t-il d’investir ?
Il continue par ailleurs à détenir un nombre important d’options de vente sur Nvidia, justifiant ce choix par sa conviction qu’une grande partie de la demande actuelle et future n’est pas tirée par les clients finaux, mais financée hors bilan et de manière non transparente, les revenus futurs étant majoritairement soutenus par un « accord circulaire », selon le rapport annuel 2026 de la BIS.
Cette analyse de Michael Burry s’inscrit dans un débat plus large sur la viabilité de l’essor de l’intelligence artificielle. Après des mois de hausses vertigineuses alimentées par les anticipations d’une croissance structurelle de la demande en puces, serveurs et infrastructures énergétiques, le marché a commencé à s’interroger sur la solidité réelle des flux de trésorerie et sur la possibilité qu’une part importante des investissements soit soutenue par des structures financières opaques plutôt que par une demande finale effective.
Les pertes accumulées par des titres tels que Tesla et Caterpillar en quelques semaines, supérieures à 15-20 % par rapport aux plus hauts atteints lors de l’entrée de Michael Burry, ainsi que les baisses à deux chiffres d’Applied Materials et du VanEck Semiconductor ETF, contrastent avec la relative résistance de Nvidia, dont la hausse de plus de 5 % par rapport aux niveaux de vente à découvert met encore en évidence une polarisation au sein du secteur.
L’augmentation des positions baissières annoncée fin juillet, conjuguée à l’entrée sur Micron Technology, suggère que Burry considère que le mouvement de correction n’est pas encore achevé et que la phase de « digestion » des hausses du premier semestre pourrait se prolonger, surtout si les données sur le financement et la demande effective continuent de confirmer les doutes exprimés quant au caractère circulaire d’une grande partie de la croissance attendue du chiffre d’affaires.



