
Plafonds du LEP 2026 : le seuil à ne pas dépasser
L’accès au LEP dépend uniquement du revenu fiscal de référence, cette ligne qui figure en haut à gauche de votre avis d’imposition. Pas du salaire, pas du patrimoine mais du RFR. Pour 2026, le plafond est fixé à 23 028 € pour une part de quotient familial. Il augmente ensuite d’environ 6 000 € par demi-part supplémentaire. Un couple sans enfant, soit deux parts, se situe donc autour de 35 000 € de RFR. Ces seuils ont été relevés de 0,9 % par rapport à 2025, l’indexation suivant l’inflation.
Un point que beaucoup ratent : c’est le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière ou de l’année précédente qui est retenu, selon la date de la demande. Une baisse de revenus en 2025 peut donc vous rendre éligible en 2026 alors que vous ne l’étiez pas auparavant. Retraite, temps partiel, chômage, séparation : autant de situations qui font basculer un foyer sous le seuil sans que personne ne pense à vérifier.
Combien rapporte concrètement un LEP en intérêts ?
Le plafond de versement du LEP est de 10 000 €, hors intérêts capitalisés. À 2,50 % net, un LEP plein rapporte donc 250 € par an. La comparaison avec le Livret A est parlante. Sur 10 000 € :
- Livret A à 1,70 % : 170 € par an ;
- LEP à 2,50 % : 250 € par an ;
- Écart : 80 € par an, pour un placement tout aussi liquide et tout aussi garanti
S avoir : un couple éligible peut détenir deux LEP, un par conjoint, à condition d’être marié ou pacsé avec imposition commune. Cela porte le potentiel du foyer à 20 000 € et 500 € d’intérêts nets annuels. Les enfants majeurs rattachés au foyer fiscal, eux, ne peuvent pas ouvrir de LEP tant qu’ils sont rattachés.
Comment vérifier son éligibilité au LEP ?
La démarche a été considérablement simplifiée. Votre banque interroge directement l’administration fiscale pour vérifier votre situation. Vous n’avez plus à fournir votre avis d’imposition, et l’établissement ne connaît que la réponse, éligible ou non, pas le détail de vos revenus.
Si vous voulez savoir avant de vous déplacer, deux méthodes. La première : ouvrez votre dernier avis d’imposition et repérez la ligne « revenu fiscal de référence ». Comparez au plafond correspondant à votre nombre de parts. La seconde : le site impots.gouv.fr propose un service de vérification d’éligibilité au LEP dans l’espace particulier.
Attention à une confusion fréquente. Le RFR n’est pas le revenu net imposable, ni la somme des salaires. Il intègre certains revenus exonérés et certains abattements. Deux foyers au même salaire peuvent avoir des RFR différents.
Que se passe-t-il si vos revenus augmentent ?
Tout d’abord la bonne nouvelle est que vous ne perdez pas votre LEP au premier dépassement. La règle est celle du dépassement répété. Si votre RFR passe au-dessus du plafond une année, vous conservez le livret. S’il dépasse à nouveau l’année suivante, la banque doit alors clôturer le compte.
Cela laisse une année de tolérance, utile pour ceux dont les revenus fluctuent, indépendants, saisonniers, commerciaux à part variable. À l’inverse, si vous repassez sous le seuil l’année qui suit un dépassement, rien ne change et le LEP continue.
Et après le LEP ?
Une fois le LEP rempli, la hiérarchie logique reste la même : LDDS à 1,70 % avec un plafond de 12 000 €, puis Livret A à 1,70 % avec 22 950 €. Au-delà, on quitte l’épargne réglementée pour les placements de court terme fiscalisés, comptes à terme et livrets bancaires, dont les rendements bruts affichés sont supérieurs mais amputés de 31,4 % de flat tax depuis janvier 2026.
Un livret garanti par l’État, disponible à tout moment, exonéré d’impôt et rémunéré 47 % de plus que le Livret A : la seule raison de ne pas en avoir un, c’est de ne pas y avoir droit.



